Cheikh Diba accuse les députés d’avoir privé les Sénégalais du débat sur la LFR

« L’Assemblée nationale n’a pas voulu du débat », a déclaré Cheikh Diba après le rejet du projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026. Le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan estime que les Sénégalais n’ont pas pu être informés des choix budgétaires du gouvernement.

Le renvoi du PLFR en commission, obtenu par l’Exécutif sur la base de l’article 84 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale, n’a pas effacé les divergences. Ismaïla Diallo a prévenu que le texte serait « encore rejeté » si les conditions posées par les parlementaires n’étaient pas remplies. Le blocage ne tient donc pas seulement au calendrier de l’examen : il reste lié aux désaccords sur le contenu du collectif budgétaire.

Cheikh Diba accuse les députés d’avoir empêché la discussion du texte. Il conteste leur argument sur l’insincérité des prévisions et rappelle que l’article 47 de la loi organique relative aux lois de finances prévoit des ajustements lorsque les recettes ou les dépenses connaissent des changements substantiels. Le ministre a également avancé des chiffres sur le Plan de redressement économique et social (PRES), selon exclusif.

À fin septembre, 173 milliards de FCFA avaient été mobilisés sur les 762 milliards attendus, selon Cheikh Diba. Il espère atteindre 311 milliards d’ici à la fin de l’année. Le ministre présente cet écart comme l’une des raisons du dépôt de la LFR.

Il défend aussi l’augmentation des subventions à l’énergie. La loi de finances initiale prévoyait 250 milliards de FCFA, alors que le montant nécessaire pour accompagner les populations était estimé à 790,3 milliards. Le projet de LFR proposait donc 540,3 milliards supplémentaires, afin de limiter l’effet de la hausse des coûts sur les ménages et les entreprises.

Cheikh Diba attribue la hausse du coût du pétrole aux tensions internationales, notamment à la crise au Moyen-Orient, et dénonce les accusations selon lesquelles le gouvernement négligerait les préoccupations sociales. Abdourahmane Diouf souligne, de son côté, le coût concret du blocage : selon le ministre, les députés élus pour représenter les Sénégalais les privent, par leurs choix, de mesures qu’ils attendent.

Diouf conteste par ailleurs l’affirmation selon laquelle Bassirou Diomaye Faye refuserait le contrôle ou l’encadrement des fonds spéciaux. Il assure que leur encadrement fait l’objet d’un accord général et qualifie de manipulation les affirmations contraires, demandant à ses opposants de produire un document ou une déclaration du président qui les confirmerait.

Le déficit budgétaire est projeté à 7,6 % du produit intérieur brut.

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