La militante panafricaniste Awa Fall Diop a reçu le Prix Anne Klein à Berlin, une distinction récompensant son engagement en faveur des droits humains et de l’égalité des sexes. En écho à cette consécration internationale, une cérémonie de célébration, baptisée « Sargal », a été organisée au Sénégal par ses pairs en collaboration avec la Fondation Heinrich Böll.
Lors de cet événement, Alice Djiba, coordonnatrice du programme démocratie à la Fondation Heinrich Böll, a rappelé les décennies de lutte de la lauréate pour la justice sociale. Selon les informations rapportées par le journal Le Quotidien, Awa Fall Diop est présentée comme l’une des figures ayant porté le plaidoyer pour la loi sur la parité et la criminalisation du viol au Sénégal. Au-delà de la distinction personnelle, cette remise de prix vise à mettre en lumière les défis persistants du mouvement féministe, notamment la lutte contre les mutilations génitales féminines, l’abandon scolaire des filles et l’accès aux postes de décision.
Si la lauréate a exprimé sa satisfaction, déclarant que ce prix atteste de la contribution des femmes africaines à l’édification de sociétés plus équitables, elle a également profité de la tribune pour lister les urgences actuelles. Elle a spécifiquement mentionné la question de l’avortement médicalisé en cas de viol ou d’inceste et la lutte contre les féminicides. Sur ce dernier point, elle a pris acte de la reconnaissance du phénomène par le Président Bassirou Diomaye Faye, tout en exigeant des mesures concrètes et une criminalisation effective.
L’intervention d’Awa Fall Diop s’est ensuite orientée vers une critique directe de la politique menée par les nouvelles autorités. La militante a déploré une baisse de la représentativité féminine au sein de l’équipe gouvernementale. Surtout, elle a pointé du doigt la transformation du « ministère de la Femme et du genre » en « ministère de la Famille », une modification qu’elle assimile à un recul ramenant la femme à sa fonction domestique.
« Sous Senghor, Diouf, Wade ou Sall, il y avait des avancées identifiables. Aujourd’hui, l’agenda pour les droits des femmes est une nébuleuse. C’est flou », a-t-elle affirmé, selon les propos relayés par Le Quotidien. Elle a conclu son intervention en appelant les féministes sénégalaises à maintenir une vigilance stricte pour préserver les acquis obtenus au fil des années.