La coopération entre le Sénégal et le Japon, pilier stratégique de la politique sanitaire nationale, a fait l’objet d’une évaluation rigoureuse ce mercredi 28 janvier 2026. Si les projets conjoints continuent de soutenir le système de santé, la huitième réunion de suivi a mis en lumière des blocages administratifs majeurs ayant des conséquences financières directes pour le Trésor public.
Réunis pour la 8ème réunion semestrielle de suivi, les acteurs de la coopération japonaise (JICA) et les autorités sénégalaises ont passé en revue le niveau de mise en œuvre des projets sanitaires. Présidée par Serigne Mbaye, secrétaire général du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, cette rencontre visait, selon ses termes, à « apprécier les progrès, le relèvement des défis, analyser les contraintes et proposer les solutions idéales ».
Cependant, l’ordre du jour a été marqué par un point d’achoppement financier concernant le prêt concessionnel d’environ 50 milliards de francs CFA, destiné à la Couverture sanitaire universelle (CSU). D’après les informations rapportées par nos confrères de Sud Quotidien, Erina Ogata, première adjointe au Représentant-résident de la JICA, a confirmé que si trois tranches ont bien été versées, le décaissement de la quatrième et dernière tranche n’a pas pu être effectué.
Ce blocage résulte de la non-réalisation, dans les délais impartis, de deux actions politiques spécifiques. Ces manquements ont été identifiés au niveau de deux départements ministériels : le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique (MSHP) et le ministère de la Famille et de l’Action sociale (MFAS). En conséquence, les 3 milliards de yens restants ne seront pas dégagés avant la clôture de l’année fiscale japonaise en mars 2026. La procédure bascule désormais vers une post-évaluation prévue trois ans après la fin du projet.
Au-delà de cet aspect financier, d’autres projets subissent également des lenteurs administratives. Yoshiaki Hatta, conseiller et chef de mission adjoint de l’Ambassade du Japon, a pointé la suspension des nouveaux projets liés au Centre pour la santé de la mère et de l’enfant de l’École nationale de développement sanitaire et social (ENDSS). La partie japonaise attend toujours l’officialisation d’un arrêté ministériel qui rattacherait ce centre à la Direction régionale de la Santé de Dakar.
Les diplomates japonais ont par ailleurs exhorté les autorités sénégalaises à accélérer les discussions pour le projet d’extension du Centre national de formation des techniciens de maintenance hospitalière. Ce projet, financé par les fonds de contrepartie de l’Assistance alimentaire du Japon, reste en attente d’une solution rapide pour son lancement effectif.