La 35e édition de la Coupe d’Afrique des nations (CAN 2025), qui se déroule actuellement au Maroc, offre un spectacle qui dépasse largement le simple cadre sportif. Alors que les demi-finales sont programmées pour ce 14 janvier, l’événement se distingue par une richesse culturelle et des récits humains poignants qui marquent les esprits au-delà des résultats des matchs.
Les tribunes des stades marocains se sont transformées en véritables scènes d’expression où se mêlent histoire et identité africaine. Les supporters, par leurs chants et leurs mises en scène, véhiculent des messages forts dénonçant la colonisation ou les conflits internes, tout en célébrant la diversité du continent à travers des tenues et danses traditionnelles. L’agence Anadolu souligne que cette ferveur confère à la compétition une atmosphère unique, où le football sert de vecteur à la mémoire collective.
Une figure particulière a captivé l’attention lors de ce tournoi : Michel Coca Mbuladinga, un supporter de la République démocratique du Congo. Surnommé le « petit-fils de Patrice Lumumba », il s’est illustré par une posture immobile et silencieuse durant les rencontres de son équipe. Bras droit levé vers le ciel pendant 90 minutes, il reproduit la statue de l’ancien Premier ministre congolais, assassiné en 1961, rendant un hommage vibrant à cette figure de l’indépendance.
Sur le terrain, la résilience est incarnée par l’attaquant burkinabè Georgi Minoungo. Évoluant au sein des Seattle Sounders, ce joueur de 23 ans a perdu la vue de son œil gauche en 2023 suite à un grave problème de santé. Malgré ce handicap, il a poursuivi sa carrière professionnelle et contribué au parcours de sa sélection jusqu’en huitièmes de finale, devenant un modèle de persévérance.
La passion des supporters a également bravé les distances et les obstacles physiques. Des périples remarquables ont été notés, comme celui de Mohamed Dastnasin, un fan algérien ayant relié l’Inde au Maroc à vélo, parcourant près de 18 000 kilomètres. De même, Mohamed Boukhaliq, un supporter marocain malvoyant, a effectué un trajet de 560 kilomètres pour soutenir les Lions de l’Atlas, illustrant l’attachement profond des populations à leurs équipes nationales.
Sur le plan purement sportif, l’attention se tourne désormais vers le dernier carré de la compétition. Les demi-finales, prévues demain, proposeront des affiches de haut vol. Le Sénégal, champion en titre, affrontera l’Égypte, nation la plus titrée du continent, à 20h00. Dans la seconde rencontre, le pays hôte, le Maroc, fera face au Nigeria à 23h00. Plusieurs joueurs évoluant en Turquie, dont les internationaux sénégalais Ismail Jakobs et Cherif Ndiaye, sont attendus pour ces confrontations décisives.