C’est au Palais de l’unité, édifice emblématique, construit dans les années 1980, qui se distingue par son architecture imposante et ses jardins soigneusement entretenus, que le Pape Léon XIV a effectué sa première prise de parole mercredi 15 avril au Cameroun.
Dans son discours aux autorités, à la société civile et au corps diplomatique, le Souverain pontife, a détaillé ses aspirations pour le pays, appelant à dépasser la violence, renforcer les institutions et redonner espérance à la jeunesse, rapporte Vaticannews.
Léon XIV est arrivé ce mercredi 15 avril à l’aéroport de Yaoundé-Nsimalen en provenance d’Alger où il a passé au total 48h, en pèlerin de paix sur les traces de saint Augustin, son père spirituel. D’Alger à Yaoundé, la capitale politique camerounaise, l’avion d’ITA Airways a parcouru 4 014 km en l’espace de 5h10 de vol.
À bord, le Saint-Père a survolé cinq pays: notamment l’Algérie, le Niger, le Tchad, le Nigeria, et le Cameroun.
Après la cérémonie de bienvenue en terre camerounaise, terre d’hospitalité et d’accueil, le Saint-Père a effectué une visite de courtoisie au président Paul Biya au Palais de l’unité connu aussi sous le nom de Palais d’Étoundi. C’est un édifice emblématique, construit dans les années 1980 et qui constitue le centre névralgique du pouvoir politique et administratif du pays. Il a été conçu par l’architecte franco-tunisien Olivier-Clément Cacoub, dans un style moderne avec des influences africaines, et se distingue par son architecture imposante et ses jardins soigneusement entretenus. Situé dans les quartiers nord de Yaoundé, il abrite également la plupart des services liés à la présidence de la République et au Secrétariat général de la République.
C’est donc dans ce cadre agréable à la vue, qui incarne la continuité de l’État et l’unité nationale, que Léon XIV a rencontré les autorités camerounaises, ainsi que des représentants de la société civile et du corps diplomatique.
Dès l’entame de son allocution, Léon XIV a salué la richesse culturelle du Cameroun, souvent présenté comme une «Afrique en miniature», en raison de la diversité de ses territoires, de ses cultures, de ses langues et de ses traditions. «Cette variété, a-t-il poursuivi, n’est pas une fragilité, mais un trésor. Elle est une promesse de fraternité et une fondation solide pour construire une paix durable.»
Se présentant comme «pasteur et serviteur du dialogue», l’évêque de Rome a exprimé son attachement au peuple camerounais, tout en insistant sur la nécessité de poursuivre la construction du bien commun dans un contexte mondial marqué par le doute et la résignation
Dans son discours adressé aux autorités camerounaises, le Pape a ensuite invité à «oser faire un examen de conscience et un saut qualitatif courageux». «La transparence dans la gestion des ressources publiques et le respect de l’État de droit sont essentiels pour rétablir la confiance», a-t-il conseillé.
“Que les institutions justes et crédibles deviennent des piliers de la stabilité. L’autorité publique est appelée à être un pont, et jamais un facteur de division, même là où l’insécurité semble régner », déclare le Pape.
La sécurité, a ensuite assuré l’évêque de Rome, est une «priorité», qui doit être assurée «dans le respect des droits de l’homme, en unissant rigueur et grandeur d’âme, avec une attention particulière pour les plus vulnérables». «Une paix authentique naît lorsque chacun se sent protégé, écouté et respecté, lorsque la loi est un rempart sûr contre l’arbitraire des plus riches et des plus forts», a-t-il détaillé.
Pour que la paix et la justice «s’affirment», il faut en effet «briser les chaînes de la corruption qui défigurent l’autorité en la vidant de sa crédibilité», «libérer le cœur de cette soif de gain qui est une idolâtrie. Le véritable gain c’est le développement humain intégral, c’est-à-dire la croissance équilibrée de tous les aspects qui font de la vie sur cette terre une bénédiction», a-t-il enjoint.