Selon l’AFP, dont l’article a été repris par Jeune Afrique, la junte au Burkina Faso a suspendu mardi 12 mai 247 associations pour « non-renouvellement de leurs instances » dirigeantes. Cela porte à 929 le nombre d’associations suspendues ou dissoutes en moins d’un mois.
Au total, les autorités ont suspendu 811 associations pour « non-renouvellement de leurs instances » et dissous 118 autres depuis la mi-avril, invoquant des « dispositions légales en vigueur », sans autres précisions. Les associations suspendues interviennent notamment dans les domaines de la santé, l’éducation, la promotion des femmes et du genre ou la religion. « Pendant la durée de la suspension, seules les actions tendant à régulariser la situation de chaque association sont autorisées », précise l’arrêté ministériel.
En juillet 2025, le capitaine Ibrahim Traoré a promulgué une loi encadrant la liberté d’association, les ONG et les syndicats. Ce texte réaffirme la liberté d’association tout en la subordonnant à des obligations strictes de déclaration, de contrôle administratif et de conformité légale, avec des sanctions pouvant aller jusqu’à la dissolution. Objectif : renforcer la transparence, cartographier les associations et ONG, et lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du « terrorisme ».
Les ONG internationales ou associations fonctionnant avec des financements internationaux sont souvent accusées par le pouvoir d’espionnage ou de collusion avec les jihadistes. Fin avril, l’organisation de défense des droits humains Human Rights Watch avait déploré que la loi permettait à la junte « d’intensifier sa répression généralisée de la société civile ».