Burkina Faso : le terme « camarade » imposé dans l’administration

Au Burkina Faso, une nouvelle règle de langage s’impose dans les couloirs de l’administration. Depuis le 1er juin, une note du Premier ministre Jean Emmanuel Ouédraogo exige que le terme « camarade » soit systématiquement employé dans les discours, prises de paroles et correspondances administratives.

L’objectif affiché est de refléter l’esprit d’égalité, de fraternité et de solidarité entre les dirigeants et le peuple, selon le chef du gouvernement. Cette mesure s’inscrit dans la droite ligne de la Révolution progressiste populaire voulue par les autorités de transition.

Un vocabulaire révolutionnaire

Concrètement, que l’on soit ministre ou simple fonctionnaire, les Burkinabè devront se donner du « camarade » lorsqu’ils s’adressent les uns aux autres. La directive précise que cette obligation vaut aussi bien pour les écrits que pour les prises de parole en public. Le Premier ministre estime que cette pratique poussera à une marche vers l’édification du Faso Nouveau.

Ce n’est pas la première initiative symbolique de la junte militaire. En janvier dernier, le département de la Fonction publique, du travail et de la sécurité sociale avait été rebaptisé ministère des « Serviteurs du Peuple », tandis que celui de la Défense était renommé « ministère de la Guerre et de la défense patriotique ». Plus récemment, fin janvier 2026, le gouvernement de transition avait dissous l’ensemble des partis politiques et confisqué leurs biens, dans le cadre de la redéfinition de la gouvernance nationale.

L’information a été rapportée par RFI Afrique, qui précise que l’usage du terme « camarade » est désormais un dogme visant à armer et solidifier le champ lexical de la Révolution progressiste et populaire prônée par les autorités de transition.

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