L’Assemblée législative du Burkina Faso a franchi une nouvelle étape institutionnelle ce vendredi. Les députés ont approuvé à l’unanimité un nouveau texte fondamental destiné à remplacer la Charte de la Transition en vigueur depuis 2022, redéfinissant ainsi l’architecture politique du pays.
Selon les informations rapportées par Sud Quotidien, le projet de loi instituant la Charte de la Révolution a été validé par les 70 parlementaires présents, sans aucune voix contre ni abstention. Ce document, composé de trois articles, abroge formellement la charte du 14 octobre 2022 et installe la « Révolution progressiste populaire » comme nouveau socle de gouvernance.
La mesure la plus déterminante de ce dispositif concerne directement le chef de l’État. Le texte autorise désormais le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, à se porter candidat aux prochaines élections présidentielle, législatives et municipales, scrutins qui devront marquer la fin de cette période révolutionnaire.
L’adoption de cette charte s’accompagne d’une refonte de l’architecture institutionnelle. Le gouvernement et l’Assemblée perdent la mention « de Transition », l’organe législatif devenant l’« Assemblée législative du Peuple ». Surtout, la nouvelle loi acte la suppression de la représentation des partis et mouvements politiques au sein de cette assemblée. Leurs sièges seront redistribués en tenant compte de la nouvelle organisation territoriale du pays.
Cette réorganisation juridique matérialise le cap fixé le 1er avril 2025 par le capitaine Traoré. Invoquant le contexte sécuritaire et les menaces de déstabilisation, le dirigeant avait appelé à une mobilisation nationale autour d’un modèle politique alternatif. Il avait alors déclaré que le pays n’était plus « dans une démocratie », privilégiant cette dynamique révolutionnaire pour mener à bien les transformations structurelles du Burkina Faso.