Deux études menées par le Réseau africain d’éducation pour la santé (RAES) révèlent que les jeunes de 15 à 24 ans accordent davantage leur confiance à leurs pairs qu’aux influenceurs lorsqu’il s’agit de santé sexuelle et reproductive. Ces enquêtes, relayées par Sidwaya, conduites au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et au Sénégal entre décembre 2023 et octobre 2025, ont comparé l’impact de différents types de messages.
Les résultats, diffusés par yahoo.fr, montrent que les témoignages de jeunes ayant vécu des grossesses précoces ou d’autres expériences personnelles inspirent plus de confiance que les publications d’influenceurs. Ces derniers sont perçus comme rémunérés pour leurs messages, ce qui affaiblit leur crédibilité.
Les jeunes leaders, des relais plus efficaces
Les groupes animés par de jeunes leaders locaux se sont révélés les plus performants. Dans les trois pays, ces animateurs ont favorisé des discussions qui ont amélioré la compréhension des méthodes contraceptives et la fréquentation des services de santé. “Lorsque les jeunes connaissent la personne qui anime les échanges, ils participent davantage”, explique Yaye Deffa Wane, chargée de recherche au RAES.
Au Sénégal, les défis restent importants. Selon l’Enquête démographique et de santé (EDS) 2023, 5,4 % des jeunes commencent leur vie sexuelle avant 15 ans et 15 % des adolescentes subissent des violences sexuelles avant leur majorité. Un récent sondage Afrobaromètre indique par ailleurs que seuls 29 % des Sénégalais soutiennent l’autonomie reproductive des femmes, ce qui souligne l’urgence d’une communication adaptée.
L’étude a aussi montré que les difficultés de dialogue entre parents et adolescents persistent, malgré l’intégration de groupes de parents à la demande des jeunes. Le RAES prévoit désormais d’explorer le rôle des leaders religieux, dont l’influence est jugée déterminante dans les décisions familiales.
