L’administration de Donald Trump a dévoilé vendredi une proposition budgétaire qui redessine en profondeur les priorités financières des États-Unis. Si l’augmentation massive des crédits alloués à la défense capte l’attention, c’est la réorganisation des prérogatives de l’État fédéral et les coupes internes exigées pour soutenir cet effort qui constituent la structure de ce nouveau dispositif.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, le président américain a formulé une demande de budget militaire atteignant 1 500 milliards de dollars, marquant une hausse de près de 40 % par rapport à l’année précédente. Pour accompagner cette orientation, le document de la Maison Blanche prévoit des coupes de 73 milliards de dollars dans les programmes intérieurs. Les initiatives liées au changement climatique, à l’énergie renouvelable, ainsi que les programmes d’accès au logement, à l’éducation, à la santé et à l’aide aux réfugiés sont ciblés par ces réductions.
Lors d’une rencontre privée tenue mercredi à la Maison Blanche, Donald Trump a explicité sa volonté de transférer la charge de plusieurs programmes fédéraux, dont les systèmes d’assurance maladie Medicaid et Medicare, aux États fédérés. « Nous menons des guerres. Nous ne pouvons pas nous occuper des garderies », a-t-il déclaré, estimant que la gestion de ces questions sociales n’était plus du ressort de l’État fédéral.
Les fonds réorientés doivent financer plusieurs projets stratégiques exclusifs à l’armée. Le budget prévoit la construction du système de défense antimissile « Golden Dome », des investissements dans les minéraux critiques, le renforcement de la construction navale américaine et l’augmentation des salaires des troupes. Cette enveloppe de 1 500 milliards de dollars reste distincte de la demande d’urgence de 200 milliards soumise au Congrès pour soutenir la guerre israélo-américaine avec l’Iran, débutée le 28 février.
La proposition budgétaire s’aligne également sur d’autres priorités de l’exécutif. Elle maintient les financements du département de la Sécurité intérieure (DHS) et de l’agence de contrôle de l’immigration (ICE) pour soutenir la campagne d’expulsions massives. Le département de la Justice enregistre quant à lui une demande de hausse de 13 %, orientée vers la lutte contre la criminalité violente.
Pour acter ce budget, l’administration prévoit de diviser le processus législatif. Un montant de 1 100 milliards de dollars passerait par la voie classique nécessitant un soutien bipartisan, tandis que les 350 milliards restants feraient l’objet d’une procédure de réconciliation, un mécanisme permettant une adoption à la majorité simple, un seuil que les Républicains détiennent actuellement au Sénat et à la Chambre des représentants.