L’examen du projet de loi de finances initiale (LFI) 2027 pourrait connaître de nouvelles turbulences à l’Assemblée nationale. Dans une sortie sur X vendredi, Abdourahmane Sarr, résident du CEFDEL, ancien ministre de l’Économie et ex-économiste du Fonds monétaire international (FMI), alerte sur l’absence de publication du Rapport économique et financier (REF), pourtant indispensable à l’appréciation du budget.
Ayant déjà présenté devant les commissions parlementaires les rapports économiques et financiers accompagnant les budgets 2025 et 2026, l’ancien ministre estime que ce document constitue un préalable essentiel à un examen sérieux du projet de budget 2027.
Il s’interroge notamment sur le calendrier parlementaire, qui prévoit des discussions jusqu’au 16 novembre, alors que le REF n’est toujours pas accessible au public.
Pour Abdourahmane Sarr, ce rapport permet d’évaluer les hypothèses macroéconomiques, la sincérité des prévisions budgétaires et la cohérence de la trajectoire des finances publiques.
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Des éléments d’autant plus importants que le projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026 a été rejeté par les députés.
Le rejet de la première partie du budget annoncé ?
S’appuyant sur les articles 44 et 59 de la loi organique relative aux lois de finances, l’ancien ministre rappelle que le budget est examiné en deux parties. La première concerne notamment les recettes, les plafonds de dépenses, l’équilibre budgétaire et son financement, tandis que la seconde porte sur la répartition des crédits.
Il souligne que la seconde partie ne peut être discutée à l’Assemblée nationale avant l’adoption de la première.
Dans ce contexte, Abdourahmane Sarr estime que, faute d’un nouveau cadrage budgétaire après le rejet de la LFR 2026, « le rejet de la première partie de la LFI 2027 est prévisible ce samedi ».
Une situation qui pourrait remettre en cause le calendrier annoncé. « Un compromis sur l’équilibre budgétaire et son financement reste indispensable à la poursuite du calendrier », prévient-il.
Abdourahmane Sarr évoque une consultation populaire
Au-delà de la procédure budgétaire, l’ancien ministre appelle l’exécutif et le législatif à trouver un terrain d’entente pour éviter une nouvelle impasse institutionnelle.
À défaut d’accord, il estime qu’il serait préférable d’éviter aux Sénégalais des débats parlementaires sans issue. « Le peuple est arrivé à saturation », écrit-il.
Abdourahmane Sarr va plus loin en invitant les protagonistes à mettre un terme au bras de fer institutionnel en consultant directement les citoyens si aucun compromis n’est trouvé.




