Boubacar Camara défend 303,7 milliards FCFA et l’ouverture de deux universités en 2027

303,7 milliards FCFA : c’est le budget 2027 défendu par le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Boubacar Camara, devant la Commission des finances de l’Assemblée nationale. L’enveloppe progresse de 2,7 milliards par rapport à 2026, soit 0,9 %.

Cette enveloppe doit financer plusieurs priorités : les infrastructures, les bourses, le recrutement d’enseignants et l’ouverture de deux universités. Apanews rapporte que le ministre a aussi évoqué les retards du calendrier universitaire et les tensions liées aux œuvres sociales.

Deux universités prévues en 2027

L’Université Souleymane Niang de Matam et l’Université du Sénégal oriental à Tambacounda doivent ouvrir en 2027. Une enveloppe de 4,7 milliards FCFA est prévue pour leur fonctionnement ainsi que celui de deux nouveaux centres régionaux des œuvres universitaires.

Le programme comprend également la poursuite de la construction de huit ISEP, avec 21,6 milliards FCFA inscrits dans le cadre du projet ESPOIR-Jeunes. Deux milliards FCFA sont prévus pour l’ISEP de Mbacké.

Le budget prévoit 79,1 milliards FCFA pour les bourses et 52,7 milliards FCFA de subventions aux centres des œuvres universitaires. Le poids de cette dépense s’explique par le coût de prise en charge des étudiants : en 2024, chacun représentait en moyenne 1 178 742 FCFA par an pour l’État, dont 542 702 FCFA de coût pédagogique et 636 040 FCFA de coût social. Les bourses mobilisaient alors plus de 76,8 milliards FCFA par an. Les 79,1 milliards inscrits pour 2027 se situent donc dans un ordre de grandeur comparable.

Trois milliards FCFA doivent contribuer à régler une partie de la dette envers les repreneurs de la restauration, évaluée à 19,9 milliards FCFA à fin 2025. Le ministère prévoit de revoir l’attribution des allocations en reliant les fichiers des universités à ceux de la Direction des bourses et en supprimant progressivement les bourses accordées hors du cadre légal. Il vise à réduire la part des œuvres sociales dans le budget sectoriel, de 46 % à 41,5 %.

Le calendrier universitaire constitue un autre chantier, dont la mise en œuvre s’inscrit dans une réforme de longue haleine. En 2014, onze décisions avaient été prises pour redresser l’enseignement supérieur sur dix ans ; trois ans plus tard, 95 % étaient en cours de mise en œuvre, mais 49 % seulement avaient été exécutées. Aujourd’hui encore, les formations de licence prévues sur trois ans durent souvent quatre ans ou plus. Le ministère vise un retour à la normale en 2027-2028, en s’appuyant sur les calendriers de rattrapage adoptés par les huit universités concernées.

Le financement de la recherche

La recherche et l’innovation disposeraient de 6,9 milliards FCFA en 2027, soit environ 2 % du budget du département. Boubacar Camara a plaidé pour davantage de moyens destinés au programme spatial SENSAT, aux fonds d’impulsion et de publication de la recherche et aux structures nationales d’appui à l’innovation.

Le Sénégal prépare le lancement de son deuxième satellite et de la constellation Ninki Nanka. Le ministère prévoit aussi de poursuivre les réformes de gouvernance, de dématérialiser les procédures et d’installer le Conseil national de la recherche et de l’innovation.

À l’horizon 2029, le département vise un taux de réussite en licence de 75 %.

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