Bosnie-Herzégovine : le montant du gazoduc lié à Donald Trump qui inquiète l’UE

La Bosnie-Herzégovine a signé un accord avec la Croatie pour la construction d’un gazoduc destiné à réduire sa dépendance au gaz russe, dans un contexte de réorganisation énergétique avant l’entrée en vigueur, l’an prochain, de l’interdiction européenne sur les achats d’énergie à Moscou. La signature est intervenue mardi lors d’un sommet organisé à Dubrovnik.

D’après Al Jazeera, ce projet, officiellement nommé Southern Interconnection Agreement, doit permettre à Sarajevo de diversifier ses approvisionnements en se connectant au terminal de gaz naturel liquéfié de la Croatie, situé sur l’île de Krk. Cette infrastructure ouvrirait l’accès au gaz américain pour un pays qui dépend actuellement entièrement des livraisons russes.

L’accord a été signé par la Première ministre bosnienne Borjana Kristo et le Premier ministre croate Andrej Plenkovic. Borjana Kristo a qualifié cette étape de « grand pas en avant », estimant qu’elle renforçait la sécurité énergétique du pays et permettait une diversification de l’offre.

Mais le projet suscite aussi des réserves au sein de l’Union européenne, que la Bosnie-Herzégovine cherche à rejoindre. Selon les éléments rapportés par Al Jazeera, l’UE a averti que ce dossier pourrait compromettre la candidature du pays en raison d’un manque de transparence, avec à la clé un risque sur plus de 1 milliard de dollars d’aide. L’ambassadeur de l’UE en Bosnie-Herzégovine, Luigi Soreca, a rappelé dans une lettre envoyée plus tôt ce mois-ci que toute modification législative dans le secteur de l’énergie devait respecter les obligations liées au processus d’adhésion et être soumise à l’examen du bloc européen.

Plus tôt en juillet, les députés bosniens ont désigné l’entreprise américaine AAFS Infrastructure and Energy comme investisseur et développeur du projet. Cette société est dirigée par Jesse Binnall, avocat ayant travaillé auparavant pour le président américain Donald Trump et impliqué dans des recours liés à l’élection présidentielle américaine de 2020, ainsi que par Joseph Flynn, frère de l’ancien conseiller de Donald Trump, Michael Flynn.

L’ONG Transparency International a critiqué cette décision, estimant qu’elle créait un « précédent dangereux » et risquait de porter atteinte à l’intérêt public en empêchant d’autres entreprises de soumissionner. Le projet est évalué à environ 1,5 milliard de dollars et comprendrait également la construction de centrales électriques fonctionnant au gaz, avec l’objectif de réduire la production d’électricité à base de charbon.

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