Pétrole à 119 dollars : la proposition inattendue de Vladimir Poutine aux capitales européennes qui l’ont sanctionné

La guerre opposant les États-Unis et Israël à l’Iran provoque une onde de choc sur les marchés énergétiques mondiaux, exacerbée par la paralysie du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. Dans ce contexte de flambée des prix pétroliers, la Russie vient de formuler une proposition directe aux pays européens concernant ses approvisionnements en hydrocarbures.

Lors d’une intervention télévisée ce lundi, le président russe Vladimir Poutine a déclaré que Moscou était disposé à reprendre ses livraisons de pétrole et de gaz vers l’Europe. Selon les informations d’Al Jazeera, cette offre est toutefois assortie d’exigences précises. Le chef de l’État russe a souligné que les entreprises et acheteurs européens devront s’engager dans une coopération « à long terme, durable et exempte de pressions politiques » s’ils souhaitent bénéficier à nouveau des ressources russes.

Cette déclaration intervient alors que les cours de l’or noir ont franchi la barre des 100 dollars le baril lundi, atteignant des sommets inédits depuis le début de l’offensive russe en Ukraine en 2022. Le Brent, référence internationale, a enregistré une hausse de plus de 30 % dimanche, culminant temporairement à 119 dollars. Cette flambée est directement liée à l’interruption de la navigation dans le détroit d’Ormuz par l’Iran, un point de passage stratégique par lequel transite environ un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondial.

Face à cette situation, les pays du G7 ont annoncé lundi être prêts à mettre en œuvre les « mesures nécessaires », sans pour autant s’engager dans l’immédiat à puiser dans leurs réserves stratégiques. De son côté, le Premier ministre hongrois Viktor Orban a exhorté l’Union européenne à suspendre ses sanctions sur le pétrole et le gaz russes afin de contrer l’envolée des prix provoquée par le conflit au Moyen-Orient.

Pour rappel, les pays européens ont drastiquement réduit leur dépendance aux hydrocarbures russes au cours des quatre dernières années, en réponse à la guerre en Ukraine et aux sanctions imposées par l’UE et le G7. L’Union européenne a notamment interdit les importations maritimes de brut russe en 2022, tandis que les exportations par gazoduc vers la Hongrie et la Slovaquie sont à l’arrêt depuis janvier en raison de dommages sur l’oléoduc Druzhba traversant l’Ukraine.

Avant le début du conflit ukrainien, l’Europe achetait plus de 40 % de son gaz à la Russie. À l’horizon 2025, les ventes combinées de gaz par gazoduc et de GNL russe ne représentaient plus que 13 % des importations totales de l’UE. La perte de ce marché avait contraint Moscou à réorienter ses volumes vers l’Asie à des prix fortement réduits. La semaine dernière encore, Vladimir Poutine avait ordonné à son gouvernement de préparer le détournement définitif des flux restants hors d’Europe, en prévision de l’application par l’UE d’une interdiction totale des combustibles fossiles russes.

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