À La Havane, les étagères des détaillants de cigares se vident. Déjà affaiblie par des années de difficultés de production, l’industrie cubaine du tabac affronte aujourd’hui une crise logistique majeure, directement liée au blocus pétrolier de facto imposé par les États-Unis.
À quelques pas de l’agitation de la Vieille Havane, les vitrines spécialisées derrière leurs lourdes portes en verre affichent des présentoirs en acajou vides. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, l’approvisionnement des détaillants est sévèrement touché. Esteban García, gérant d’une boutique qui s’exprime sous pseudonyme par crainte de représailles, indique n’avoir reçu aucune marchandise depuis un mois.
Cette situation marque une rupture nette avec les standards de distribution du secteur. Avant la pandémie de COVID-19, les commerces de la capitale recevaient trois livraisons mensuelles de Habanos haut de gamme, comprenant des marques comme Romeo y Julieta, Montecristo et l’emblématique Cohiba. Au cours des dernières années, la fréquence avait déjà été réduite à un seul arrivage par mois. Désormais, dans le contexte actuel, même ce rythme minimal n’est plus assuré.
La filière subit la convergence de plusieurs contraintes. Si les mauvaises récoltes et le passage des ouragans ont historiquement affecté la chaîne d’approvisionnement, c’est la mise en place du blocus pétrolier américain ciblant l’île qui freine aujourd’hui les acheminements. Cette restriction énergétique paralyse les réseaux de transport internes, constituant le défi le plus sévère auquel l’industrie du cigare cubain a dû faire face jusqu’à présent.