Le gouvernement russe a intensifié son contrôle sur les communications numériques ce mercredi 15 avril, en appliquant de nouvelles directives techniques visant spécifiquement les utilisateurs de réseaux privés virtuels (VPN). Ces outils, largement adoptés par la population pour contourner le blocage de sites d’information et de réseaux sociaux étrangers, font l’objet d’un ciblage inédit.
Selon les informations rapportées par Insider Paper, les banques, les plateformes de commerce en ligne, les sites de streaming vidéo et les moteurs de recherche bloquent désormais activement l’accès aux internautes dont la connexion passe par un VPN. Sur des sites de vente majeurs comme Ozon et Wildberries, des messages d’erreur indiquant « accès refusé, désactivez la connexion VPN si vous en utilisez une » s’affichent automatiquement. Cette offensive fait suite à une instruction gouvernementale exigeant des opérateurs télécoms et des grands services numériques qu’ils empêchent l’utilisation de ces outils à compter de ce 15 avril.
Interrogé sur cette restriction massive, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré mercredi qu’il n’existait « actuellement aucune interdiction » ni responsabilité pénale liée à l’usage des VPN, ajoutant ne détenir aucune information sur d’éventuels projets en ce sens.
En parallèle de ces blocages de plus en plus stricts, le régulateur d’internet Roskomnadzor bride de manière intentionnelle les débits des messageries Telegram et WhatsApp depuis plusieurs mois. Cette manœuvre technique a pour objectif de réorienter les usagers vers « Max », une super-application soutenue par l’État russe. Dépourvue de système de chiffrement, cette interface comparable au WeChat chinois suscite de vives inquiétudes quant à la protection de la vie privée et l’accès des autorités aux données personnelles.