Les affrontements survenus le 9 février dernier sur le campus de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) ont laissé de profondes séquelles. Au-delà de la perte tragique de l’étudiant Abdoulaye Bâ, les infrastructures universitaires ont subi des dégradations massives dont l’évaluation exacte et les conséquences administratives sont désormais rendues publiques par les autorités du campus.
Reprenant les éléments rapportés par Sud Quotidien, le directeur général du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD), Ndéné Mbodj, a dressé l’inventaire des destructions. Le préjudice global frôle les 555 millions de francs CFA. Dans le détail, s’exprimant lors d’un entretien accordé au quotidien Le Soleil, le responsable évalue à 500 millions de FCFA le budget nécessaire pour la réhabilitation des bâtiments et le remplacement des équipements publics saccagés. À cette ardoise s’ajoute une perte d’exploitation de plus de 50 millions de FCFA, consécutive à l’arrêt temporaire de certains services, notamment la suspension de la vente de tickets dans les restaurants universitaires.
Ces événements mettent en évidence les déséquilibres profonds du campus social. Les données actuelles font état d’une population de près de 35 000 étudiants pour une capacité d’hébergement théorique plafonnée à 5 000 places. Face à cette pression sur des infrastructures vieillissantes, la direction a acté une réorganisation immédiate. Le système d’attribution des chambres a été révisé : la codification se fait désormais par lit, impliquant la désignation stricte d’un titulaire et d’un suppléant pour chaque couchage.
Pour endiguer ces crises récurrentes, le directeur du COUD sollicite des mesures pérennes. Il requiert une intervention rapide du Conseil d’administration afin d’engager des réponses structurelles au déficit de logements étudiants, identifié comme le catalyseur principal des violences à l’UCAD.