La présence du cinéma sénégalais à Berlin ne se limite pas à la simple projection d’œuvres en compétition. Alors que la prestigieuse Berlinale bat son plein, le réalisateur Alain Gomis a choisi de donner une dimension formative à sa participation, en intégrant concrètement la relève locale à cet événement mondial.
Le réalisateur franco-sénégalais présente son nouveau film, Dao, une œuvre d’envergure de 185 minutes. Ce long métrage explore les thématiques de la famille et de la diaspora, naviguant entre un mariage en France et une cérémonie funéraire en Guinée-Bissau. Selon les informations rapportées par nos confrères d’IGFM, Alain Gomis a conçu ce projet comme un « film de joie » et de partage, illustrant la complexité et la richesse des familles réparties sur plusieurs continents.
Mais au-delà de l’œuvre cinématographique, c’est la démarche inclusive du cinéaste qui marque cette édition. Alain Gomis n’a pas fait le déplacement seul : il a tenu à associer à cette aventure des élèves du Centre Yennenga, l’école de cinéma qu’il a fondée à Grand Dakar. Ces étudiants, qui ont eu l’opportunité de travailler sur le film, bénéficient ainsi d’une immersion directe dans l’un des plus grands festivals de cinéma au monde.
Cette volonté de transmission s’étend également au soutien apporté aux jeunes créateurs déjà actifs. La sélection comprend en effet le court-métrage Les âmes du Fouta d’Alpha Diallo. Une présence qui confirme que le Sénégal entre en scène à Berlin avec plusieurs générations de conteurs visuels.
Pour Alain Gomis, cette démarche relève de la responsabilité des aînés. Il souligne la difficulté du parcours pour les jeunes cinéastes, malgré l’existence de certaines institutions, et insiste sur la nécessité de les « pousser » et de les soutenir concrètement. La première mondiale de Dao sert ainsi de vitrine non seulement à un auteur confirmé, mais aussi à l’écosystème qu’il contribue à bâtir à Dakar.