La présence culturelle du Sénégal s’affirme de nouveau sur la scène internationale. La délégation officielle devant représenter le pays à la 76ème édition du Festival international du film de Berlin a foulé le sol allemand ce vendredi. Sous la conduite du secrétaire d’État Bacary Sarr, le groupe est arrivé à l’aéroport Brandenburg aux alentours de 10 heures, marquant le début d’une campagne où le cinéma national défend ses chances dans deux catégories distinctes.
La mission, rapportée par Sud Quotidien, ne se limite pas à une simple représentation diplomatique. Elle vise à soutenir deux œuvres sélectionnées en compétition officielle, incarnant deux générations de réalisateurs. Outre le secrétaire d’État et son chef de cabinet Khady Diédhiou, la délégation comprend des figures institutionnelles clés : Germain Coly, directeur de la cinématographie, Alioune Kéba Badiane du FOPICA, et Aminata Diop Johnson de l’Agence culturelle africaine (ACA). Ils accompagnent les équipes techniques et les cinéastes engagés dans la course aux distinctions.
Le premier atout du Sénégal réside dans la catégorie court métrage avec « Les âmes du Fouta ». Réalisé par le jeune Alpha Diallo, ce film propose une immersion dans les tensions entre coutumes et choix individuels, mettant en scène le combat d’une mère bravant les interdits pour offrir une sépulture à son fils. Cette sélection marque l’entrée d’une nouvelle voix dans le cinéma sénégalais à un niveau de compétition mondiale.
Sur le front du long métrage, c’est un habitué des tapis rouges qui porte les espoirs nationaux. Alain Gomis présente « Dao », une œuvre dense de 185 minutes. Le film tisse un récit autour de la mémoire et de la réconciliation, naviguant entre un mariage célébré en France et une commémoration en Guinée-Bissau. Pour le réalisateur, cette sélection a un goût de revanche et de continuité : il s’agit de sa troisième course à l’Ours d’Or. Déjà sélectionné en 2012 pour « Tey », il avait décroché l’Ours d’argent en 2017 avec « Félicité ».
Ces sélections s’inscrivent dans une dynamique de reconnaissance régulière du 7ème art sénégalais à la Berlinale, rappelant les passages remarqués de Mamadou Dia avec « Demba » ou le sacre de Mati Diop pour « Dahomey » lors des éditions précédentes.