L’ancien soldat des forces spéciales australiennes, Ben Roberts-Smith, a bénéficié d’une remise en liberté sous caution vendredi, après avoir été incarcéré à Sydney. Accusé de crimes de guerre commis en Afghanistan entre 2009 et 2012, l’homme de 47 ans nie l’intégralité des faits qui lui sont reprochés.
Après avoir passé dix jours en détention, le militaire a été autorisé à quitter sa cellule. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, le juge a motivé cette décision en soulignant que l’accusé risquait de passer des années en prison avant la tenue éventuelle de son procès. Lors de sa comparution par liaison vidéo, son avocat, Slade Howell, a fait valoir qu’il était inacceptable de maintenir son client derrière les barreaux au vu de la lenteur de la procédure judiciaire. L’accusation réclamait pour sa part des conditions de caution strictes, insistant sur la gravité des charges.
Arrêté la semaine dernière, Ben Roberts-Smith est poursuivi pour le meurtre de cinq personnes en Afghanistan. Krissy Barrett, commissaire de la police fédérale australienne (AFP), a précisé que les victimes ne participaient pas aux hostilités au moment de leur décès. Les autorités allèguent que ces individus ont été abattus directement par l’accusé, ou par des subordonnés agissant sous ses ordres et en sa présence. S’il est reconnu coupable, l’ancien soldat encourt une peine maximale de réclusion à perpétuité.
Décoré de la prestigieuse Croix de Victoria en 2011 et jadis honoré du titre de père de l’année en Australie, le vétéran a vu sa réputation basculer en 2018. Des rapports médiatiques l’ont alors accusé d’avoir poussé un civil afghan non armé du haut d’une falaise avant d’ordonner à ses hommes de l’abattre. Il lui est également reproché d’avoir participé au meurtre à la mitrailleuse d’un homme portant une prothèse de jambe, une prothèse qui aurait ensuite été utilisée comme récipient à boire par d’autres soldats.
Les tentatives du militaire pour poursuivre en diffamation les journaux à l’origine de ces publications ont échoué. En 2023, un juge civil a conclu que la majorité des allégations portées par les journalistes étaient substantiellement vraies, dans le cadre d’un procès dont la charge de la preuve est toutefois inférieure à celle exigée aujourd’hui par la justice pénale. Pour rappel, l’Australie a déployé 39 000 soldats en Afghanistan sur une période de deux décennies, au sein des opérations dirigées par les États-Unis et l’OTAN.