Belgique : Avec 585 détenus dormant au sol, l’État balte sollicité pour accueillir les prisonniers étrangers

Face à une crise pénitentiaire qui s’aggrave, les autorités belges cherchent désormais des solutions hors de leurs frontières pour désengorger les établissements nationaux. Deux ministres fédérales ont entamé, ce lundi, un déplacement stratégique en Europe du Nord pour évaluer la faisabilité d’une délocalisation carcérale ciblant spécifiquement les détenus étrangers en situation irrégulière.

Une option radicale à l’étude en Estonie

La ministre de la Justice, Annelies Verlinden, et la ministre de l’Asile et des Migrations, Anneleen Van Bossuyt, se trouvent actuellement en Estonie. Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, reprenant l’agence Belga, l’objectif de cette mission est d’étudier la possibilité de louer des places de détention dans ce pays balte. Cette démarche vise à transférer des criminels étrangers qui ne disposent pas de droit de séjour en Belgique, mais dont le renvoi immédiat vers le pays d’origine s’avère impossible.

L’Estonie n’a pas été choisie au hasard. Le pays est reconnu pour son système judiciaire et pénitentiaire hautement numérisé et a déjà établi un cadre de coopération similaire avec la Suède. Pour Annelies Verlinden, cette externalisation permettrait de garantir l’exécution des peines tout en offrant un « gain d’efficacité significatif » pour les prisons belges, permettant au personnel de se concentrer sur la réinsertion des détenus en fin de peine.

Des chiffres alarmants sur la surpopulation

Cette initiative intervient dans un contexte d’urgence statistique. Les dernières données officielles indiquent que 585 détenus sont contraints de dormir à même le sol dans les prisons belges, soit une augmentation de 55 personnes par rapport à la fin du mois de janvier. La population carcérale totale a, quant à elle, cru de 40 détenus depuis le 26 janvier.

Si le gouvernement fédéral a récemment approuvé un plan pour réduire le nombre d’internés souffrant de troubles mentaux en prison, aucune stratégie globale n’a encore fait l’objet d’un accord complet pour endiguer la surpopulation générale. La location de cellules à l’étranger s’ajoute à d’autres pistes explorées par le passé, notamment au Kosovo et en Albanie.

La hiérarchie des sanctions rappelée

Malgré cette ouverture vers l’Estonie, la ligne directrice du gouvernement reste stricte concernant les délinquants sans papiers. Anneleen Van Bossuyt a tenu à rappeler la priorité des autorités : « Le retour dans le pays d’origine reste la première option ». Ce n’est que lorsque cette expulsion directe est techniquement ou administrativement irréalisable que la détention dans un pays tiers, comme l’Estonie, est envisagée comme alternative pour s’assurer que l’individu ne reste pas sur le territoire belge.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l’exprimer dans un langage respectueux.

Laisser un commentaire