L’onde de choc provoquée par l’affaire Jeffrey Epstein continue de secouer les sphères d’influence mondiales, n’épargnant aucune monarchie ni aucun cercle de pouvoir. Alors que des documents judiciaires continuent d’exposer les liens entre le défunt financier et diverses personnalités internationales, un membre de la famille royale belge se trouve contraint de justifier la présence de son patronyme dans ces archives compromettantes. Face à la résurgence de rumeurs persistantes, l’intéressé a choisi de s’exprimer publiquement pour circonscrire la nature de ses interactions avec le milliardaire américain.
Cité dans des documents récemment exhumés, le prince Laurent de Belgique a reconnu, lors d’une intervention relayée par la RTBF, avoir rencontré Jeffrey Epstein à plusieurs reprises. Si le frère du roi Philippe admet ces contacts, il tient à établir une distinction nette entre des entrevues privées et la participation au réseau criminel pour lequel le financier était poursuivi. Selon ses déclarations, ces échanges remontent aux périodes où il effectuait des stages aux Nations unies et dans une banque du quartier financier de New York, durant les années 1990 et 2000.
Des sollicitations ciblant la famille royale et les universités
Pour sa défense, le prince Laurent affirme que ces rencontres n’ont jamais eu lieu dans le cadre d’événements collectifs, cherchant ainsi à se dissocier des soirées controversées organisées par Epstein. Il décrit plutôt une relation où le milliardaire tentait d’instrumentaliser son statut princier. D’après les propos rapportés par l’agence Anadolu, Epstein aurait explicitement demandé à rencontrer les parents du prince pour les présenter à ses « amis milliardaires ». Une requête rejetée par le prince Laurent, qui déclare lui avoir répondu que ses parents n’étaient « ni à vendre ni destinés à être exposés ».
Au-delà de l’accès à la monarchie, les ambitions d’Epstein semblaient viser le milieu académique européen. Le prince rapporte avoir décliné une proposition visant à faciliter des contacts avec des écoles et universités, spécifiquement pour y dispenser des cours d’économie dans des établissements accueillant des étudiantes. Une approche que le prince affirme avoir écartée en prétextant ne pas être spécialiste en la matière.
Une rupture relationnelle en 2012
Les interactions entre les deux hommes auraient également porté sur un projet environnemental, qualifié a posteriori d’« escroquerie » par le prince, qui assure s’en être tenu à l’écart. Le dernier contact documenté remonterait à 2012, date à laquelle le prince Laurent aurait refusé une invitation à un dîner parisien réunissant « un chef d’État ainsi que des personnes riches et influentes ». Ce refus aurait provoqué la colère d’Epstein, peu habitué à se voir opposer une fin de non-recevoir.
Cette version des faits survient alors que l’influence tentaculaire de Jeffrey Epstein a déjà été tracée jusqu’à Dakar, où des correspondances avaient révélé des tentatives d’intrusion dans des dossiers judiciaires sénégalais majeurs. Concernant le volet belge, les archives confirment l’existence d’un courriel du 17 octobre 2012, dans lequel Epstein ordonnait à son assistante de « prendre contact avec le prince Laurent de Belgique ».