Bassirou Sall dans l’Armée : de la formation commando à l’alerte Gambie de 1981

L’adjudant Bassirou Sall a servi le Sénégal pendant 36 ans, avec un parcours militaire entamé après son incorporation dans l’Armée sénégalaise le 1er septembre 1980. Il entre alors dans une institution déjà rompue aux engagements extérieurs : depuis 1960, près de 50 000 militaires, gendarmes et policiers sénégalais ont servi sous le drapeau de l’ONU, une tradition ouverte par le premier contingent de 600 hommes déployé au Congo dans le cadre de l’ONUC.

Né le 1er mai 1960 à Kolda, il grandit dans une période marquée par les tensions en Afrique de l’Ouest, entre la guerre de libération en Guinée-Bissau, les rivalités politiques en Gambie et les alertes sécuritaires au nord du Sénégal. Dans son enfance à Kolda, il voit passer des figures liées à la lutte bissau-guinéenne, dont Amílcar Cabral, Ansoumana Mané dit « Brik-Brak » et João Bernardo Vieira, surnommé « Cabi ».

Issu du contingent 1980/3, présenté comme celui des « Benjamins de la Première République », Bassirou Sall suit sa Formation initiale du combattant au 1er Bataillon d’Instruction sous le commandement d’Ibrahima Aris. Son itinéraire, retracé par Rewmi, le mène ensuite au Bataillon de Commandos, installé alors au Camp Leclerc, devenu l’actuel Front de Terre, sous les ordres du Commandant Georges Boissy.

Sa formation commando se déroule sur six mois, avec une première étape de Préparation élémentaire au combat collectif de quarante-cinq jours, avant une phase à l’île de Ngor. Parmi les encadreurs cités figurent le Lieutenant Moussa Coulibaly, le Sergent-chef Lang Sène dit « Caïman », les Sergents Idrissa Lamine Ndiaye et Abib Diène, ainsi que les caporaux Siaka Diedhiou, Mbaye Diop « Mono-Sport », Mamadou Mbaye, Ousmane Ndiaye et Mbaye Ndiaye.

Après Ngor, le soldat de deuxième classe Bassirou Sall rejoint les Commandos avec plusieurs recrues, dont Moïse Tendeng, présenté comme l’unique rescapé du crash d’hélicoptère survenu lors de l’opération « Fodé Kaba II ». Cinquante recrues venues de Bango puis de Ngor intègrent le Bataillon déjà transféré à Thiès le 14 juillet 1981.

Le jeudi 30 juillet 1981, deux semaines après son arrivée à Thiès, l’alerte Gambie est déclenchée à la suite de la tentative de coup d’État menée par Kukoy Samba Sagna contre le président Dawda Kaïraba Jawara. Dans le cadre des accords de défense signés en 1965 entre le Sénégal et la Gambie, le président Abdou Diouf lance l’opération « Fodé Kaba II », avec des parachutistes commandés par Didier Bampassy et placés sous l’autorité du Lieutenant-colonel Abdourahmane Ngom dit « Abel ».

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