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Babacar J. Ndiaye sur la situation au Pds : « Dès que le Roi perd le pouvoir, les courtisans d’hier, se transforment en pit-bulls, et lui mordent les mollets »

  • Aliou FAMA Aliou FAMA

Le célèbre chroniqueur Babacar Justin Ndiaye se penche sur la situation tumultueuse qui prévaut au Pds ; notamment sur l’initiative du député Modou Diagne Fada. Un regard qui englobe, creuse et met en perspective les convulsions qui affectent la formation politique de Me Abdoulaye Wade. Entretien

Le Pds a connu plusieurs crises qui ont débouché sur les départs de hauts responsables comme Ousmane Ngom, Idrissa Seck, Macky Sall et Souleymane Ndéné Ndiaye etc. Qu’est-ce qui, à votre avis, explique cela ? Est-ce un Parti vraiment démocratique, au vu de l’attitude de Me Wade ?

D’abord, je ne sais pas ce que vous entendez par l’attitude de Me Wade. Ensuite, il serait vachement fastidieux de revisiter l’Histoire, à la fois, tumultueuse et victorieuse de ce Parti qui a quand même courageusement et ingénieusement brisé l’hégémonie politique du Ps, en jouant le rôle d’éclaireur de pointe dans le combat pour le progrès démocratique au Sénégal. Les historiens se chargeront du volet compliqué des purges internes qui ont effacé ou englouti des responsables de premier plan. Pour l’instant, le recul historique me parait insuffisant ; par conséquent, je me garderai de donner des avis sentencieux.

En revanche, il est clair que le Pds n’est ni une unité militaire ni une loge maçonnique ni une congrégation religieuse. Le Pds est un instrument de conquête et d’exercice du pouvoir politique. Par conséquent, les malabars en lutte y sont évidemment plus nombreux que les moines en prière ou en contemplation. Comme dans tous les partis d’ici et d’ailleurs.

L’initiative de Modou Diagne Fada a encore secoué le Pds. Comment analysez-vous cela ?

Voyez-vous, le Pds était, jusque-là, le dernier des mammouths. Et Abdoulaye Wade fait figure de dernier des Mohicans. Rappelez-vous que le mammouth socialiste a connu une telle cure qui s’apparente à un auto-dépeçage. Dans le cas du Pds, le crépuscule inexorable de Wade, d’un côté et le martyre prometteur du fils Karim, de l’autre, ont tout exacerbé et tout compliqué.

Mais la grande leçon est ailleurs. Elle porte sur les lendemains de perte du pouvoir sous nos cieux. En effet, la scène immortalisée par les télévisions, est pathétique. Cette image du coyote Fada (aux dents acérées) affrontant le lion Wade (exténué) se passe de commentaire. On est loin de 2010, lorsque le Président Wade était nanti du décret de nominations aux emplois civils et militaires les plus élevés, attributaire d’une caisse noire et flanqué de redoutables hommes de main, totalement au-dessus des lois. Suivez mon regard qui se dirige et se fixe sur la tête concassée de Talla Sylla. Le Président Macky Sall doit méditer cela. Dès que le Roi perd le pouvoir, les courtisans d’hier, se transforment en pit-bulls, et lui mordent les mollets.

Quel avenir se dessine pour le Pds ?

Au rythme des craquements nombreux et sonores, l’avenir du Pds se lit dans un brouillard épais. Faute d’aggiornamento, la traversée du désert se dessine. Toutefois, les débris du Pds pourraient lourdement peser sur la balance, dans la perspective d’un second tour. Evidemment, les ruines du Pds ne seront pas une planche de salut pour Macky Sall. Même si les récents discours farouchement anti-Ps de Wade renforcent l’ambiguïté, en apportant objectivement de l’eau au moulin électoral de l’APR.

Obs

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