L’offensive militaire menée par les États-Unis et Israël au Moyen-Orient suscite une réaction ferme de la diplomatie chinoise. En marge d’un important rassemblement annuel à Pékin, le ministre des Affaires étrangères, Wang Yi, a tracé une ligne rouge concernant l’avenir politique de la République islamique, rejetant toute ingérence visant à modifier la structure du pouvoir en place.
Selon les informations rapportées par la chaîne Al Jazeera, la Chine met en garde contre toute tentative d’orchestrer une « révolution de couleur » ou d’imposer un changement de gouvernement en Iran. Le chef de la diplomatie chinoise a souligné qu’une telle démarche ne bénéficierait d’aucun soutien populaire. Exigeant l’arrêt immédiat des opérations militaires pour éviter un embrasement régional, Wang Yi a rappelé que les affaires du Moyen-Orient doivent être gérées de manière indépendante par les pays de la région. « La force n’apporte aucune solution, et les conflits armés ne feront qu’accroître la haine et engendrer de nouvelles crises », a-t-il déclaré.
Cette position diplomatique trouve un écho direct au sein même de l’appareil d’État américain. Un rapport classifié du Conseil national du renseignement des États-Unis, dont les conclusions ont été dévoilées par le Washington Post, indique qu’une offensive militaire américaine, même à grande échelle, aurait peu de chances de renverser la structure du pouvoir militaire et clérical iranien.
Ces évaluations du renseignement contredisent les récentes affirmations de Donald Trump. Ce dernier avait assuré être en mesure de « nettoyer » la direction iranienne pour y installer un successeur de son choix. Le document classifié montre qu’une telle issue est loin d’être garantie sur le terrain.
Dans ce contexte de vives tensions, marqué également par la condamnation par Pékin de l’assassinat du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, la Chine appelle toutes les parties à reprendre les négociations. Notre rédaction note enfin que Wang Yi a profité de cette prise de parole pour réaffirmer la solidité des relations entre la Chine et la Russie, les qualifiant d’« inébranlables » malgré les critiques occidentales liées à la guerre en Ukraine.