Avec plus de 200 décrets signés, cette doctrine radicale de la guerre du Vietnam qui semble désormais guider la Maison Blanche

Rarement une première année de mandat aura été aussi dense dans l’histoire politique américaine. Alors que Donald Trump boucle les douze premiers mois de son second mandat à la tête des États-Unis, le rythme imposé par le bureau Ovale interpelle les observateurs par son intensité inédite. Au-delà de la simple gestion des affaires courantes, c’est une véritable transformation structurelle de la puissance présidentielle qui s’opère, marquée par une accumulation de décisions unilatérales.

Les chiffres rapportés par Al Jazeera illustrent l’ampleur de cette frénésie administrative. En l’espace d’une année, le président américain a signé plus de 225 décrets présidentiels (executive orders). À ce bilan s’ajoutent au moins 1 740 actes de clémence, redéfinissant le paysage judiciaire fédéral. Sur le plan militaire, l’activité est tout aussi soutenue avec des frappes meurtrières recensées dans au moins sept pays étrangers, ainsi que 35 autres interventions dans les eaux internationales.

Cette cadence effrénée pousse les historiens à s’interroger sur les limites actuelles de la démocratie américaine. Pour Russell Riley, professeur au Miller Center de l’Université de Virginie, l’objectif semble clair : perturber le statu quo au sein du gouvernement fédéral. Selon l’universitaire, si l’on juge la présidence actuelle par la rapidité et l’étendue de ses bouleversements, le mandat de Donald Trump pourrait paradoxalement être considéré comme « l’un des moins conservateurs de l’histoire américaine ».

La stratégie identifiée par les experts repose sur une logique de rupture immédiate. Russell Riley résume cette approche par la formule « agir vite et casser les choses », une méthode qui séduit une base électorale jugeant l’héritage politique traditionnel comme inefficace ou corrompu. Pour décrire cette volonté de refonte totale, l’historien n’hésite pas à convoquer une analogie historique forte, comparant la méthode Trump à l’adage célèbre de la guerre du Vietnam : « Détruire le village pour le sauver ».

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