Auditions à huis clos : le Congrès américain contraint deux figures historiques à s’expliquer sur le réseau Epstein

Après des mois de bras de fer institutionnel, la commission de surveillance de la Chambre des représentants des États-Unis a obtenu l’audition sous serment de deux personnalités politiques de premier plan. Ces interrogatoires s’inscrivent dans le cadre de l’enquête parlementaire sur le réseau d’influence et de criminalité du défunt financier Jeffrey Epstein.

L’ancien président américain Bill Clinton et l’ancienne secrétaire d’État Hillary Clinton seront entendus à huis clos à Chappaqua, dans l’État de New York, où ils résident. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, l’audition de Hillary Clinton est programmée pour le jeudi 26 février, suivie de celle de Bill Clinton le vendredi 27 février. Ces sessions menées par les avocats et enquêteurs de la commission seront enregistrées et transcrites. Toute fausse déclaration sous serment expose les témoins à des conséquences judiciaires.

Le couple avait initialement refusé de se plier aux assignations à comparaître, qualifiant la démarche de représailles politiques orchestrées par le président de la commission, le républicain James Comer, et alignées sur les positions de l’ancien président Donald Trump. Plusieurs dates de convocation avaient été fixées puis ignorées entre octobre 2025 et janvier 2026. Ils ont finalement accepté de témoigner face à la menace d’un vote bipartite pour outrage au Congrès, une procédure susceptible d’entraîner des poursuites pénales.

Bien qu’ils aient réclamé des auditions publiques pour démontrer qu’ils n’avaient rien à cacher et limiter toute politisation de leurs propos par les élus républicains, le format à huis clos a été maintenu. Le président de la commission a précisé qu’aucune accusation d’acte répréhensible ne visait les Clinton, affirmant que les parlementaires avaient « simplement beaucoup de questions ».

L’attention de la commission se porte sur les liens passés avec Jeffrey Epstein et Ghislaine Maxwell. Bill Clinton a reconnu avoir voyagé à plusieurs reprises dans les années 2000 à bord de l’avion privé du financier. Une analyse de CNN mentionnée par Al Jazeera fait état d’au moins 16 présences sur les registres de vol entre 2002 et 2003. L’ancien président a toujours soutenu que ces déplacements étaient liés aux activités de la Fondation Clinton et qu’il ignorait tout du trafic sexuel orchestré par Epstein. Des documents judiciaires déclassifiés en 2024 et 2026 ont remis ces relations en lumière, incluant des photographies de Bill Clinton en compagnie d’Epstein et de Maxwell.

Concernant Hillary Clinton, aucun élément public n’indique une relation directe avec Jeffrey Epstein ni une implication dans ses activités. Si son nom apparaît plus de 700 fois dans les dossiers, il s’agit majoritairement d’articles de presse liés à sa campagne présidentielle de 2016, partagés par le financier. Elle a toutefois confirmé lors d’une interview à la BBC mi-février avoir rencontré Ghislaine Maxwell « à quelques reprises », cette dernière ayant notamment assisté au mariage de sa fille Chelsea en 2010.

Ces auditions doivent permettre à la commission parlementaire de formuler de nouvelles propositions législatives, visant notamment le renforcement des mesures contre le trafic sexuel, le durcissement des normes éthiques pour les responsables publics et la révision des accords de non-poursuite dans les affaires de crimes sexuels. Pour Bill Clinton, il s’agira de son premier témoignage sous serment de cette ampleur depuis sa déposition filmée de six heures en 1998, lors de l’affaire Paula Jones.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l’exprimer dans un langage respectueux.

Laisser un commentaire