Au terme de la compétition au Maroc, le taux de croissance inédit des recettes qui redéfinit l’économie de la CAN

La 35e édition de la Coupe d’Afrique des Nations, qui s’est achevée le 18 janvier 2026, marque un tournant dans l’histoire du football continental. Au-delà du spectacle offert sur les pelouses de Rabat et des cinq autres villes hôtes, cette compétition organisée par le Maroc se distingue par une transformation économique et structurelle validée par les plus hautes instances du football africain.

Si la réussite organisationnelle était attendue, l’ampleur des retombées financières et sportives dépasse les prévisions initiales, établissant de nouveaux standards pour les futurs pays organisateurs.

Une performance commerciale historique

Le bilan dressé par la Confédération Africaine de Football (CAF) met en lumière une explosion des recettes. Selon les données relayées par l’agence Anadolu, les revenus générés par cette édition ont bondi de 90 % par rapport au tournoi précédent en Côte d’Ivoire. Cette augmentation substantielle s’explique par une stratégie commerciale agressive, marquée par l’ouverture vers de nouveaux marchés en Extrême-Orient, notamment la Chine et le Japon, tout en consolidant les partenaires traditionnels.

Le nombre de sponsors illustre cette dynamique de croissance. De neuf partenaires lors de l’édition 2021 au Cameroun, le portefeuille est passé à 17 en Côte d’Ivoire, pour atteindre 23 partenaires officiels au Maroc. Pour la CAF, il s’agit tout simplement de « l’histoire commerciale la plus réussie du football africain », confirmant que la CAN est devenue un produit mondialement attractif.

Des records sur le terrain

L’aspect financier se double d’une réussite sportive quantifiée. Avec 127 buts inscrits, cette édition efface des tablettes le record de 102 réalisations établi en Égypte en 2019, témoignant de l’évolution offensive des sélections. Sur le plan individuel, l’Égyptien Mohamed Salah a gravé son nom dans l’histoire en devenant le premier joueur à marquer contre 11 sélections différentes, surpassant les légendes Samuel Eto’o et Didier Drogba.

Un autre fait marquant concerne l’expertise technique locale. Pour la première fois depuis six décennies, les quatre équipes du dernier carré — le Maroc, le Nigeria, l’Égypte et le Sénégal — étaient dirigées par des entraîneurs africains ou nationaux. Une statistique qui valide la montée en puissance des techniciens du continent.

Infrastructures et héritage

Le président de la CAF, Patrice Motsepe, n’a pas tari d’éloges, qualifiant l’événement de « meilleure édition de l’histoire » lors d’une conférence de presse à Rabat. Cette appréciation repose sur le déploiement logistique inédit : pour la première fois, les rencontres se sont disputées dans neuf stades répartis sur six villes, soutenus par des réseaux de transport et des infrastructures hôtelières rénovés.

L’expert sportif sénégalais Omar Talal, interrogé sur ce bilan, évoque un modèle à suivre pour les autres nations, rappelant que « l’organisation d’événements sportifs dynamise l’économie ». Ce succès marocain, bâti sur l’expérience de compétitions précédentes comme la CAN féminine ou le Mondial des clubs, place la barre très haut pour les prochaines échéances continentales.

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