En déplacement en Algérie dans un contexte diplomatique complexe, la présidente de l’association France-Algérie, Ségolène Royal, multiplie les rencontres officielles pour tenter d’apaiser les relations bilatérales. Au cœur de ses échanges avec les autorités locales figure le cas sensible d’un ressortissant français incarcéré, pour lequel une évolution notable vient d’être actée à la suite d’une entrevue ministérielle.
L’ancienne candidate à la présidentielle française a obtenu un accès direct au journaliste Christophe Gleizes, actuellement détenu à la prison de Tizi Ouzou, à une centaine de kilomètres à l’est d’Alger. Cette autorisation a été confirmée jeudi, à l’issue d’une audience accordée par le ministre algérien de la Justice, Lotfi Boudjemaa. Ségolène Royal a précisé qu’elle se rendrait au centre pénitentiaire ce vendredi 30 janvier à 10 heures pour s’entretenir avec le reporter, marquant une étape significative dans ce dossier judiciaire qui pèse sur les rapports entre Paris et Alger.
Christophe Gleizes, collaborateur des magazines So Foot et Society, purge une peine de sept ans de prison ferme. Arrêté le 28 mai 2024 alors qu’il effectuait un reportage sur la Jeunesse Sportive de Kabylie (JSK), il a été condamné en juin 2025 pour « apologie du terrorisme », un verdict confirmé en appel le 3 décembre dernier. Selon les éléments rapportés par l’agence Anadolu, la justice algérienne lui reproche notamment des contacts avec des militants du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), organisation classée terroriste par Alger depuis 2021. Une demande de grâce a été transmise par sa mère au président Abdelmadjid Tebboune, tandis qu’un pourvoi en cassation a été formé par la défense.
Au-delà du volet judiciaire, Ségolène Royal entend agir sur le plan mémoriel pour rétablir la confiance. Reçue mardi par le chef de l’État algérien, elle s’est engagée à solliciter le président Emmanuel Macron dès son retour à Paris concernant la restitution de biens culturels et d’archives. Elle cible spécifiquement les effets de l’émir Abdelkader ainsi que le canon « Baba Merzoug », actuellement conservé à Brest. « La restitution de ces biens relève de lui. Je ferai tout pour le convaincre et je pense que c’est tout à fait possible », a-t-elle déclaré, estimant que le président français serait réceptif à cette démarche.