Au Sénégal en crise, les JOJ suscitent encore peu d’engouement chez les habitants interrogés

« Les gens souffrent », affirme Ibrahima Samb, serveur à Dakar, au sujet des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ). À l’approche de la compétition, certains habitants estiment que l’emploi et le coût de la vie devraient passer avant l’événement.

Les Jeux olympiques de la jeunesse au Sénégal se dérouleront du 31 octobre au 13 novembre, à Dakar, Diamniadio et Saly. Le pays accueillera ainsi le premier événement olympique organisé en Afrique. Mais, comme le rapportent l’AFP et Aol, plusieurs personnes rencontrées à Dakar disent ne pas en faire une priorité alors que les difficultés économiques pèsent sur leur quotidien.

Arame Diop, 34 ans, estime que les dépenses consacrées aux infrastructures pourraient répondre à d’autres besoins. Elle évoque les jeunes diplômés qui peinent à trouver un emploi. En 2024, la découverte d’une dette cachée héritée du régime de Macky Sall a contribué à un contexte économique difficile. Le Sénégal a depuis obtenu un accord de principe avec le Fonds monétaire international pour un programme de 2,2 milliards de dollars, qui doit encore être finalisé.

À Yoff, le passage de la flamme olympique a attiré quelques personnes. Ibrahima Samb, 26 ans, juge que le pays aurait pu se passer des Jeux ou les reporter, compte tenu de la situation. Moussa Diop, mécanicien de 19 ans, était lui aussi présent avec son ami, sans avoir compris au départ la raison du rassemblement.

Les travaux de rénovation des infrastructures et des espaces publics se poursuivent à Dakar. Le budget 2026 prévoit environ 139 millions d’euros pour le programme d’infrastructures des JOJ. L’Agence française de développement a par ailleurs accordé un prêt de 80 millions d’euros pour réhabiliter des installations sportives et créer des équipements de proximité.

Les aménagements ont aussi des conséquences pour les vendeurs ambulants. Mamadou Ndiaye, 43 ans, déplore que plusieurs d’entre eux aient été déguerpis des trottoirs de la capitale. Il estime que les ressources consacrées aux Jeux auraient plutôt dû soutenir l’emploi, l’agriculture et les activités génératrices de revenus.

Au village artisanal de Soumbédioune, les attentes sont différentes. Aliou Sow, secrétaire général d’une association de sculpteurs, voit dans les JOJ une possibilité de retombées économiques. Ibrahima Baldé espère également que l’arrivée de délégations bénéficiera aux petits commerçants, au transport et aux propriétaires de logements.

Anna Sèye, artisane de 36 ans, souhaite pouvoir exposer ses produits sur les sites des Jeux.

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