Une escalade meurtrière franchit un nouveau palier entre Kaboul et Islamabad. Lundi soir, une série de frappes aériennes pakistanaises a causé des centaines de victimes dans la capitale afghane, exacerbant des tensions frontalières déjà vives depuis plusieurs semaines.
Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, l’armée pakistanaise a mené un bombardement vers 21h00 (16h30 GMT) ciblant directement l’hôpital « Omid Addiction Treatment ». Cet établissement de 2 000 lits est un centre de réhabilitation dédié au traitement de la toxicomanie. Hamdullah Fitrat, porte-parole adjoint du gouvernement afghan, a annoncé un bilan d’au moins 400 morts et d’environ 250 blessés. De larges sections de l’infrastructure ont été détruites, et les équipes de secours poursuivent leurs opérations sur le site.
Face aux accusations de violation de l’espace aérien et de bombardement civil formulées par Kaboul, le gouvernement pakistanais a apporté un démenti sur la nature de la cible. Le ministère pakistanais de l’Information affirme avoir visé avec précision des installations militaires et des dépôts de munitions appartenant aux talibans afghans et au groupe Fitna al-Khawarij, tant à Kaboul que dans la province de Nangarhar. Islamabad indique que l’ampleur des destructions résulte de la « détonation des munitions stockées » par ces groupes au sein même des bâtiments frappés.
Du côté des autorités afghanes, le porte-parole du gouvernement, Zabihullah Mujahid, a fermement condamné l’opération, la qualifiant de « crime contre l’humanité ».
Cet événement s’inscrit dans un contexte de détérioration marquée des relations bilatérales. Avant cette frappe, les affrontements transfrontaliers recensés depuis fin février avaient déjà coûté la vie à 107 personnes des deux côtés de la frontière. Selon les données de l’ONU, l’Afghanistan a enregistré 185 victimes civiles, dont 56 tuées par des tirs indirects et des frappes aériennes, sur la seule période du 26 février au 5 mars.