Au large de la Somalie, un boutre chargé de citrons abandonné par ses ravisseurs

Au large de la Somalie, un boutre émirati détourné fin avril par des pirates a finalement été abandonné en mer d’Arabie le 4 mai, après l’échec de nouvelles tentatives d’attaque contre d’autres navires. Le sort de l’équipage n’a pas été communiqué à ce stade par les autorités somaliennes.

Le Fahad-4, chargé de citrons, avait été saisi par un groupe de 11 pirates à environ 10 milles nautiques des côtes de Dhinowda, dans le nord-est de la Somalie. Des responsables sécuritaires de la région semi-autonome du Puntland ont indiqué à l’AFP que les assaillants étaient partis d’une zone proche du port de Garacad, situé à quelque 600 kilomètres au nord de Mogadiscio.

Après la prise du navire, les pirates ont utilisé le boutre comme navire-mère dans les eaux somaliennes afin de tenter d’attaquer d’autres bâtiments. Ils ont ensuite quitté le bateau faute de ravitaillement suffisant et en raison d’une vigilance accrue des navires circulant dans la zone ces dernières semaines, comme le rapporte Al Jazeera en citant des responsables du Puntland.

L’incident s’inscrit dans une série récente de détournements qui ravivent les craintes autour de la piraterie somalienne, après plusieurs années d’accalmie dans l’un des corridors maritimes les plus fréquentés au monde. Le Joint Maritime Information Centre, organisme multinational chargé du suivi de la sécurité maritime dans l’océan Indien, a récemment porté la menace au niveau « sévère » après plusieurs attaques visant les routes commerciales.

Selon les données mentionnées par ce centre, plusieurs navires capturés ces dernières semaines restent sous contrôle pirate, dont le pétrolier Honour 25 battant pavillon de la Barbade, détourné au large du Puntland le 21 avril, ainsi que le Sward battant pavillon syrien. Dans le golfe d’Aden, le pétrolier Eureka battant pavillon togolais a aussi été pris au large du Yémen avant d’être dirigé vers les côtes somaliennes.

L’identité des groupes à l’origine de ces attaques n’est pas établie. Par le passé, des pêcheurs locaux et plusieurs groupes armés, dont certains liés à l’État islamique et à al-Qaïda, avaient été impliqués dans des détournements. La Banque mondiale estimait, au plus fort de la crise, que l’impact annuel de la piraterie au large de la Somalie sur l’économie mondiale pouvait atteindre 18 milliards de dollars.

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