La célébration de l’édition 2026 de la Journée internationale des droits des femmes met en lumière une réalité contrastée dans la région de Diourbel. Derrière le thème officiel appelant à l’action et à la justice pour toutes, les productrices locales font face à des barrières profondes qui entravent leur autonomisation et maintiennent une forte précarité au sein de leurs foyers.
Les difficultés rencontrées par ces actrices du monde rural dépassent le simple cadre logistique. Selon les informations publiées par Sud Quotidien, l’accès au foncier constitue l’une des entraves principales à leur développement. Dans la pratique, la gestion des terres agricoles reste largement dominée par les hommes. Dépourvues de titres de propriété, les femmes se retrouvent dans l’incapacité de sécuriser ou d’exploiter de manière autonome les parcelles, ce qui les rend économiquement dépendantes de leurs époux. Cette dynamique est alimentée à la fois par le poids des traditions socioculturelles et par une méconnaissance des dispositions juridiques qui leur permettraient de revendiquer leurs droits.
Lors d’une récente visite des autorités de tutelle dans la région, ces préoccupations ont été directement exposées. Madame Bousso Ngom, présidente du conseil consultatif régional des femmes de Diourbel et cheffe de village de Ndangalma, a dressé un tableau précis de la situation. Si elle note un recul des violences physiques conjugales grâce à la mobilisation des organisations dédiées, elle dénonce une inéquité flagrante dans la répartition spatiale. Les hommes s’octroient les assiettes foncières les plus fertiles, limitant drastiquement les capacités de production féminines. À cela s’ajoute un accès restreint au matériel agricole, contraignant souvent ces productrices à semer tardivement et à subir des rendements affaiblis.
Pour inverser cette tendance, la cheffe de village plaide pour la mise en place de mécanismes de financement adaptés, assortis de taux d’intérêt accessibles. Ce diagnostic est partagé par Dior Dieng, conseillère municipale dans la commune de Touré Mbonde. Elle insiste sur l’urgence de formaliser les activités féminines, tout en soulignant les efforts de sa municipalité qui octroie du matériel et soutient les groupements locaux par le biais d’activités génératrices de revenus.
Pour l’ensemble de ces actrices communautaires engagées dans l’agriculture, les commémorations symboliques doivent désormais laisser place à des actes concrets en faveur d’un accès équitable aux ressources et aux opportunités économiques.