Les autorités administratives et sécuritaires de la région de Saint-Louis ont mené, ce mercredi 4 février 2026, une vaste opération de destruction de marchandises jugées dangereuses pour la santé publique. Au total, plusieurs tonnes de produits divers, allant des denrées alimentaires aux substances pharmaceutiques, ont été réduites en cendres. Cette intervention, qui s’inscrit dans le cadre des missions régaliennes de protection des consommateurs, a permis de mettre en lumière la circulation de certains articles de grande consommation ne répondant pas aux normes sanitaires en vigueur.
L’opération, dont les détails ont été relayés par nos confrères de Sud Quotidien, porte sur une valeur marchande globale estimée à plus de 113 millions de francs CFA. Ce montant cumule les saisies opérées par deux entités distinctes : la Direction régionale du Commerce, avec un stock évalué à plus de 107 millions de francs CFA, et la Brigade d’Hygiène de Saint-Louis, qui a intercepté environ cinq tonnes de marchandises valant plus de 6 millions de francs CFA.
Parmi les produits détruits, un cas spécifique a particulièrement retenu l’attention des services de contrôle en raison de sa large diffusion potentielle auprès des ménages. Il s’agit de l’eau conditionnée sous l’étiquette « Kangam ». Le directeur régional du Commerce de Saint-Louis, Ousmane Diallo, a précisé l’ampleur de cette saisie spécifique : « C’est un produit impropre à la consommation. Pour ce cas de figure, nous avons saisi 5 607 bouteilles d’eau qui étaient introduites sur le marché local. » Cette intervention vise à stopper net la distribution de ce liquide ne respectant pas les critères de potabilité requis.
Au-delà de cette marque d’eau, le spectre des produits incinérés est large. L’inventaire dressé par les autorités fait état de produits pharmaceutiques, médicaux, vétérinaires, cosmétiques et de détergents. Le capitaine Alassane Salam Keïta, chef de la Brigade régionale de l’Hygiène, a également mentionné la présence de vinaigre, de café et d’autres denrées de consommation courante interceptées au cours du dernier trimestre dans divers commerces de la région.
L’efficacité de ces saisies repose en grande partie sur un dispositif de surveillance qui dépasse le simple cadre des agents assermentés. Ousmane Diallo a révélé l’existence d’un réseau de veille citoyenne : « En plus de nos agents, il y a des personnes qui sont positionnées dans certains points de consommation au niveau des marchés pour informer les services techniques compétents. » Cette collaboration permet de signaler rapidement l’introduction de produits suspects ou non conformes à la réglementation.
Présent lors de l’incinération, l’adjoint au préfet du département de Saint-Louis, Abdou Khadre Dieylani Bâ, a insisté sur la nécessité d’une vigilance collective. Il a exhorté les populations à ne pas hésiter à signaler toute situation douteuse aux services compétents, rappelant que la lutte contre la circulation de produits prohibés nécessite une interaction constante entre les citoyens et les forces de sécurité et de contrôle.