Face à la presse ce jeudi, le porte-parole du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, Pascal Confavreux, a détaillé les priorités diplomatiques de la France. Au-delà de la situation au Proche-Orient, Paris a précisé sa vision pour l’avenir de la gouvernance mondiale, fixant l’année 2026 comme une échéance décisive pour la transformation des institutions internationales.
L’architecture actuelle du Conseil de sécurité des Nations unies, héritée des équilibres de 1945, est jugée obsolète par la diplomatie française. Pour remédier à ce décalage avec les réalités contemporaines, la France pousse officiellement pour un élargissement du cercle des décideurs mondiaux. Selon les déclarations rapportées par l’agence Anadolu, Paris soutient l’intégration de nouveaux membres permanents, citant nommément le Brésil, l’Allemagne, l’Inde et le Japon.
Concernant le continent africain, la position française se veut désormais chiffrée. Pascal Confavreux a affirmé que « l’ensemble du continent africain puisse être représenté à travers deux membres permanents ». Si le quota est fixé, la France se refuse pour l’heure à désigner les pays bénéficiaires : « nous ne dirons pas lesquels », a précisé le porte-parole. En parallèle de cet élargissement, Paris plaide pour une évolution des règles de fonctionnement, proposant la suspension du droit de veto lorsque des violations graves et massives des droits humains sont constatées.
Réserves sur les structures parallèles
Cette volonté de réformer l’ONU de l’intérieur s’accompagne d’une méfiance envers les initiatives extérieures. Interrogé sur la proposition de création d’un « Conseil de la paix », une structure soutenue par plusieurs puissances régionales dans le cadre de l’initiative de Donald Trump, la France a exprimé ses réticences. Le Quai d’Orsay estime que certains éléments de cette charte ne correspondent ni au mandat du Conseil de sécurité actuel ni à la Charte des Nations unies, privilégiant le cadre onusien existant.
Situation à Gaza et sanctions
Sur le volet proche-oriental, le ministère a réaffirmé son attachement au cessez-le-feu en vigueur à Gaza depuis le 27 novembre, tout en soulignant sa fragilité. La France insiste sur l’accélération des volets humanitaire et sécuritaire. Concernant les mesures coercitives, si une pétition de 200 000 signataires circule en Europe pour demander la fin de l’accord d’association UE-Israël, aucun changement n’a été annoncé sur ce point. Le porte-parole a toutefois rappelé que des sanctions nationales ont déjà été prises contre « une soixantaine de colons violents impliqués dans des exactions en Cisjordanie ».
Enfin, dans le domaine numérique, la diplomatie française poursuit sa lutte contre la manipulation de l’information via un compte dédié sur le réseau social X et une campagne de sensibilisation coordonnée avec l’ARCOM, prévue jusqu’en avril prochain.
l’Afrique doit sortir de ce truc