Une étape diplomatique significative vient d’être franchie dans la tentative de résolution du conflit à Gaza. Alors que la Maison Blanche a récemment dévoilé les contours de sa nouvelle architecture pour le Proche-Orient, huit nations majeures du monde musulman ont confirmé, mercredi, leur décision d’intégrer la structure mise en place par Washington. Une adhésion collective qui vise officiellement à peser sur la reconstruction de l’enclave, bien que la présence simultanée de certaines figures politiques au sein de ce même conseil soulève des interrogations immédiates parmi la population palestinienne.
C’est un alignement diplomatique qui s’étend du Maghreb à l’Asie du Sud-Est. Dans un communiqué conjoint relayé par Al Jazeera, les ministres des Affaires étrangères de huit pays ont officialisé leur participation au « Conseil de la paix » (Board of Peace) initié par Donald Trump. Cette coalition regroupe le Pakistan, l’Égypte, la Jordanie, les Émirats arabes unis, l’Indonésie, la Turquie, l’Arabie saoudite et le Qatar.
Ces chancelleries justifient leur ralliement par la nécessité de soutenir les efforts de paix pilotés par la future administration américaine. Selon les termes de leur déclaration commune, la mission de ce conseil consistera à « consolider un cessez-le-feu permanent, soutenir la reconstruction de Gaza et faire progresser une paix juste et durable ». Le texte insiste particulièrement sur le fait que cette démarche doit être ancrée dans le droit des Palestiniens à l’autodétermination et à la création d’un État, condition sine qua non pour la stabilité régionale.
Cette annonce survient quelques jours après la présentation par Washington de ce mécanisme, qui s’inscrit dans un plan plus large de 20 points destiné à mettre fin aux hostilités. Ce conseil, qui inclut des conseillers proches de Donald Trump tels que Steve Witkoff et Jared Kushner, ainsi que l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, aura pour tâche de superviser un comité technocratique palestinien chargé de la gestion quotidienne de la bande de Gaza.
Toutefois, la composition globale de cette instance suscite une méfiance palpable sur le terrain. Outre les conseillers américains jugés très favorables à Israël, la participation confirmée du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu constitue un point de friction majeur. Le bureau de ce dernier, visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale, a fait savoir mercredi qu’il prendrait part au mécanisme.
Interrogé par nos confrères d’Al Jazeera à Gaza City, Abu Ramzi al-Sandawi, un résident de l’enclave, a exprimé le rejet catégorique de cette implication israélienne, qualifiant Benjamin Netanyahu de « chef de la guerre » responsable de la destruction de leur monde. Depuis l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu précaire en octobre, le ministère palestinien de la Santé recense encore au moins 466 victimes liées aux attaques israéliennes continues.