Les eaux territoriales cubaines ont été le théâtre d’une confrontation meurtrière cette semaine. Les autorités de La Havane ont intercepté une expédition maritime en provenance des États-Unis, accusant les passagers de fomenter une campagne de violences destinée à déstabiliser le gouvernement de l’île.
L’opération s’est soldée par un échange de tirs entre les gardes-frontières cubains et les occupants de hors-bords. Sur les dix hommes présents à bord, quatre ont été tués lors de l’affrontement. Les autorités cubaines ont confirmé que les six autres membres de l’équipage, blessés, ont été placés sous traitement médical. Un officier cubain a également été touché par les tirs. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, qui cite des responsables de la Maison-Blanche interrogés par CBS News, au moins un citoyen américain figure parmi les personnes décédées.
Le président cubain, Manuel Diaz-Canel, a justifié la riposte de ses forces de sécurité. Il a affirmé que son pays se défendrait avec fermeté contre toute agression qualifiée de « terroriste et mercenaire » menaçant sa souveraineté et sa stabilité nationale. Les responsables cubains soutiennent que les passagers des hors-bords ont ouvert le feu en premier. Cet incident s’inscrit dans un contexte de tensions exacerbées entre La Havane et Washington, marqué notamment par le récent blocus sur les carburants imposé fin janvier par l’administration du président américain Donald Trump.
Des motivations insurrectionnelles avancées
Parmi les quatre assaillants tués, le gouvernement cubain a formellement identifié Michel Ortega Casanova. Un de ses associés, Wilfredo Beyra, responsable du Parti républicain cubain basé à Tampa en Floride, a indiqué à l’AFP que l’objectif de l’expédition était de combattre le gouvernement en place dans l’espoir de provoquer un soulèvement populaire. Les proches de Casanova ont affirmé ignorer ses intentions, son frère Misrael soulignant toutefois qu’il faisait partie d’un groupe préoccupé par les abus sur l’île.
Du côté de Washington, les autorités nient toute implication gouvernementale dans cette opération. Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a annoncé que différentes entités du gouvernement s’efforçaient d’éclaircir les zones d’ombre de cette affaire. Il a précisé que l’ambassade des États-Unis à La Havane cherche à obtenir davantage de détails, notamment sur la présence confirmée de ressortissants américains parmi les détenus.
À ce stade, les autorités cubaines ont dévoilé l’identité de sept des dix passagers. Notre rédaction note que deux d’entre eux, Amijail Sanchez Gonzalez et Leordan Enrique Cruz Gomez, faisaient déjà l’objet d’avis de recherche émis par les forces de l’ordre. Ils étaient ciblés pour leur implication présumée dans la promotion, le financement et l’organisation d’actes liés au terrorisme sur le territoire national ou à l’étranger.