Asphyxie pétrolière au Moyen-Orient : le Royaume-Uni valide une ponction d’urgence dans ses réserves stratégiques

L’escalade des affrontements au Moyen-Orient, particulièrement autour du détroit d’Ormuz, perturbe profondément le marché énergétique mondial. Pour contrer la menace d’une rupture majeure d’approvisionnement, une riposte internationale d’une ampleur inédite se met en place.

Le ministère britannique de la Sécurité énergétique et du Zéro émission a annoncé la mise à disposition de 13,5 millions de barils issus de ses réserves stratégiques. Selon l’agence Anadolu, cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une action globale et coordonnée, pilotée par l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

Fatih Birol, directeur exécutif de l’AIE, a précisé que les pays membres se sont accordés sur la libération totale de 400 millions de barils. Il s’agit de la plus grande quantité de réserves jamais mobilisée dans l’histoire de l’agence depuis sa fondation en 1974. Cette décision marque la sixième intervention de ce type, les dernières remontant aux turbulences de 2022.

Ce déblocage massif répond directement aux récentes frappes conjointes des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, ainsi qu’aux représailles iraniennes ciblant le trafic maritime commercial. Les perturbations dans le détroit d’Ormuz menacent d’interrompre des livraisons quotidiennes estimées à 20 millions de barils de pétrole et de produits dérivés, exacerbant les craintes sur l’offre et provoquant une forte volatilité des cours.

Le ministre britannique Ed Miliband a souligné que cette démarche permet à son pays d’assumer ses responsabilités auprès de ses alliés pour atténuer le choc sur le marché. Londres, qui dispose d’un stock total de 76,6 millions de barils, insiste sur la nécessité absolue de sécuriser le passage des navires pétroliers dans le détroit pour garantir une stabilité durable.

Les membres de l’AIE sont statutairement tenus de conserver des réserves équivalant à 90 jours d’importations nettes. Outre le stock d’urgence de plus de 1,2 milliard de barils détenu par les gouvernements, l’industrie pétrolière conserve 600 millions de barils supplémentaires dans les installations des grands fournisseurs et raffineries pour faire face à ce type de crise mondiale.

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