Après l’alerte de l’OMS, le Pr Moussa Seydi explique les dangers du hantavirus: « Un seul cas peut déstabiliser un pays »

Le professeur Moussa Seydi, chef du Service des maladies infectieuses et tropicales (SMIT) du CHU de Fann, a lancé un appel à la vigilance face à l’actualité sanitaire internationale marquée par l’apparition de plusieurs cas de hantavirus.

Dans un entretien accordé au quotidien L’Observateur, exploité par Senego, l’infectiologue sénégalais, connu notamment pour avoir pris en charge avec succès l’unique cas d’Ebola enregistré au Sénégal en 2014, a insisté sur les conséquences potentiellement lourdes de ce type de maladie.

« Un seul cas dans un pays peut entraîner une déstabilisation socio-économique », a averti Moussa Seydi.

Selon lui, plus de 229 cas liés au hantavirus ont déjà été recensés dans le monde en 2025, causant au moins 59 décès.

Le spécialiste est également revenu sur l’alerte lancée récemment par l’Organisation mondiale de la santé concernant un navire de croisière immobilisé au large du Cap-Vert.

D’après les informations relayées par le professeur, le bilan fait actuellement état de 21 cas d’infection, dont huit confirmés en laboratoire et trois décès. Un cas supplémentaire aurait également été détecté au Canada chez un passager du même bateau.

Moussa Seydi a détaillé les mesures mises en place pour gérer cette situation sanitaire. Selon lui, trois passagers en état critique ont été évacués du Cap-Vert par avion médicalisé, tandis que les autres voyageurs ont été débarqués dans des territoires britanniques et en Espagne avant leur rapatriement vers l’Europe et les États-Unis.

À leur arrivée, les personnes symptomatiques ont été placées dans des unités d’isolement spécialisées, notamment des chambres à pression négative, alors que les cas asymptomatiques ont été soumis à des mesures de quarantaine.

Sur ce point, l’infectiologue sénégalais plaide pour une approche adaptée à chaque situation. Il estime qu’une quarantaine à domicile peut être envisagée si les conditions de sécurité sont réunies pour protéger à la fois le patient et son entourage.

Le chef du SMIT du CHU de Fann a également tenu à rassurer l’opinion publique en rappelant que le hantavirus n’est pas une maladie nouvelle. Le virus a été identifié depuis plusieurs décennies et se présente sous différentes souches selon les régions du monde.

Il explique notamment que la souche Andes, actuellement au centre des préoccupations, circule principalement en Amérique du Sud, notamment en Argentine et au Chili. Aux États-Unis et au Canada, c’est surtout la souche « Sin Nombre » qui est présente, provoquant des syndromes respiratoires sans transmission interhumaine.

En Europe et en Asie, d’autres formes de hantavirus sont responsables de fièvres hémorragiques avec atteintes rénales.

Concernant la souche Andes, Moussa Seydi précise qu’il s’agit d’un virus à ARN transmis initialement par des rongeurs infectés. Selon son analyse, le premier malade du navire aurait probablement été contaminé en Argentine après avoir inhalé des particules issues de déjections de rongeurs.

La promiscuité observée à bord du bateau aurait ensuite favorisé une transmission interhumaine par gouttelettes ou aérosols.

Le spécialiste conclut toutefois en soulignant que cette souche reste moins contagieuse que le virus responsable de la COVID-19.

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3 commentaires

  1. Mr Seydi, tu oses encore revenir nous parler de virus ? Nous n’avons rien oublié parce que nous sommes « vaccinés « !!!!

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