Après la perquisition de ses locaux à Paris, la plateforme X invoque cette raison spécifique pour qualifier la procédure de manœuvre politique

La tension est montée d’un cran, mardi, entre le réseau social X et les autorités judiciaires françaises. Alors que des enquêteurs investissaient les bureaux parisiens de l’entreprise dans le cadre d’une investigation sur la cybercriminalité, la direction de la plateforme a réagi avec virulence. Au cœur de cette confrontation, une procédure que le groupe américain considère comme juridiquement infondée et dont il conteste les véritables motivations.

La réponse ne s’est pas fait attendre. Suite à l’opération menée par la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris, le réseau social a publié un communiqué dénonçant un « acte judiciaire abusif ». Selon les informations relayées par Anadolu, la plateforme estime que cette perquisition repose sur des « motivations politiques » et ne respecte pas le cadre légal approprié pour une entreprise dont le siège décisionnel se trouve aux États-Unis.

L’argument central soulevé par X repose sur la distinction entre ses entités. La société affirme que sa branche française, visée par la perquisition, est « étrangère aux faits poursuivis ». L’enquête, ouverte en janvier 2025, cible en effet le fonctionnement de Grok, l’intelligence artificielle générative du groupe. La justice française soupçonne cet outil d’avoir diffusé des contenus négationnistes ainsi que des « deepfakes » à caractère sexuel impliquant des mineurs et des femmes. Or, la direction de X soutient que les décisions concernant Grok relèvent exclusivement de la direction générale basée outre-Atlantique.

Pour la firme d’Elon Musk, l’action du parquet de Paris s’apparente à une tentative de contournement des règles internationales. « Le parquet tente manifestement d’exercer une pression sur la direction générale de X aux États-Unis en visant notre entité française […] au mépris des mécanismes procéduraux établis par les traités internationaux », indique le message publié sur la plateforme. Le groupe y voit un « détournement de procédure » portant atteinte à la liberté d’expression et promet de défendre ses droits.

Au-delà de la perquisition, l’agenda judiciaire se précise pour les plus hauts responsables du réseau social. Elon Musk, propriétaire de X, et Linda Yaccarino, directrice générale, sont attendus par la justice française pour être entendus le 20 avril 2026. D’ici là, l’enquête se poursuit avec l’analyse des éléments collectés par l’Unité nationale cyber de la gendarmerie et le concours d’Europol.

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