Amnesty Sénégal salue l’enquête sur les violences et les 76 décès provisoires

76 personnes sont provisoirement décédées dans les violences politiques survenues au Sénégal entre 2021 et 2024, selon le bilan communiqué par le procureur de la République à l’APS. Amnesty International Sénégal salue les avancées de l’enquête annoncée par le parquet de Dakar, tout en demandant que les forces de l’ordre soient également interrogées par la justice.

La réaction de l’organisation intervient après l’annonce faite vendredi. Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty Sénégal, a salué le travail des enquêteurs, qui a permis d’établir le bilan humain et la qualification juridique des faits. L’ONG accompagne les familles de 65 victimes recensées dans ce dossier.

Le bilan reste provisoire et les chiffres avancés par les proches des victimes diffèrent : Lucie Sané, coordonnatrice du collectif des familles de victimes et d’ex-détenus politiques, évoque entre 80 et 82 morts. Elle réclame que les investigations se poursuivent pour identifier les instigateurs des violences. Cette demande se heurte à la loi d’amnistie générale adoptée en mars 2024 pour les crimes et délits commis entre février 2021 et février 2024, contestée par des familles et des organisations de défense des droits humains.

Parmi les 76 décès dénombrés à titre provisoire, 41 ont été recensés dans la région de Dakar. Le procureur fait également état de plus de 200 personnes présumées victimes de torture ou de traitements inhumains, cruels ou dégradants. Au regard de leur ampleur et de leur caractère systématique, ces violences pourraient relever de crimes contre l’humanité. Une information judiciaire a été ouverte sous cette qualification, une première dans l’histoire judiciaire sénégalaise.

La Section de recherches de Dakar a achevé ses investigations sur la période et transmis les éléments recueillis à la justice. Parmi les personnes visées, l’agent de sécurité de proximité Ibrahima D., alors affecté au commissariat de Bargny, a été placé en détention préventive. Il est soupçonné d’avoir joué un rôle dans la mort d’un manifestant, qui aurait été mortellement percuté dans les circonstances examinées par les enquêteurs.

Les investigations menées par la gendarmerie entre octobre 2025 et septembre 2026 se sont appuyées sur les documents disponibles. Seydi Gassama estime que toutes les personnes impliquées, civiles ou militaires, doivent être recherchées et jugées dans le cadre d’un procès équitable. Amnesty International Sénégal demande que justice soit rendue à toutes les victimes.

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