Violences politiques au Sénégal : un agent de sécurité placé en détention préventive

Amnesty International, qui accompagne les familles des 65 victimes recensées dans ce dossier, salue les décisions judiciaires. L’ONG demande également que les forces de l’ordre soient interrogées par la justice.

Ces décisions s’inscrivent dans une instruction plus large sur les violences commises pendant les manifestations de 2021 à 2024. La Section de recherches de Dakar a achevé son enquête sur cette période et une information judiciaire pour crime contre l’humanité a été ouverte, une première dans l’histoire judiciaire sénégalaise. Les investigations concernent aussi des membres des forces de sécurité : Ibrahima Diaw, agent de sécurité de proximité au commissariat de Bargny, est accusé d’avoir volontairement percuté le manifestant Mamadou Ndoye, 53 ans.

Mardi 22 septembre, le tribunal de grande instance de Dakar a engagé les premières poursuites dans cette affaire, à la suite de la plainte de Pape Abdoulaye Touré. Trois personnes sont visées par les inculpations. Un agent de sécurité du campus de l’Université Cheikh-Anta-Diop a été placé en détention préventive. Il lui est reproché une association de malfaiteurs et un crime contre l’humanité, notamment pour des actes de torture. Cette qualification permet d’écarter la loi d’amnistie adoptée en mars 2024. Yahoo rapporte que les deux autres personnes sont soumises au contrôle judiciaire pendant l’instruction.

Parmi ces deux personnes figurent un membre du protocole de l’ancien ministre de la Jeunesse Pape Malick Ndour, placé sous bracelet électronique, et un homme de sa garde rapprochée, lui aussi accusé de crimes contre l’humanité.

Étudiant en master de droit, Pape Abdoulaye Touré avait saisi la justice en septembre 2024 pour « séquestration et enlèvement illégal ». Il disait avoir été arrêté près de chez lui, dans la nuit du 2 au 3 juin 2023, par des hommes qui se présentaient comme des agents de sécurité de Pape Malick Ndour et des gendarmes en tenue. Il affirmait avoir ensuite été agressé, torturé et menacé de mort.

À l’époque, des images de Pape Abdoulaye Touré, le visage tuméfié alors qu’il était frappé, avaient provoqué une forte indignation dans l’opinion.

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