Ambitions politiques : Comment Ousmane Sonko et les députés ont poussé Diomaye à dévoiler…

Selon l’analyste politique Pape Mahtar Diallo, journaliste à Walf TV, l’adoption de la proposition de loi n°17/2026 portant révision de la Constitution aurait contraint le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, à clarifier ses ambitions politiques.

D’après lui, si le chef de l’État promulgue cette loi, son ambition de devenir président d’un parti politique tout en exerçant la fonction de président de la République pourrait être compromise, puisque la nouvelle disposition constitutionnelle l’interdirait.

« Pourquoi, depuis son accession au pouvoir, n’a-t-il jamais dévoilé ses ambitions ? », s’interroge l’analyste. Pour lui, c’est parce qu’il fallait d’abord que la Constitution soit modifiée afin d’établir clairement qu’un président de la République ne peut pas cumuler cette fonction avec celle de chef de parti. C’est dans ce contexte qu’il estime que le président Diomaye aurait été poussé à se dévoiler.

Pape Mahtar Diallo affirme que l’entourage politique d’Ousmane Sonko savait que le président Diomaye nourrissait l’ambition de créer sa propre formation politique. Selon lui, depuis son accession au pouvoir, le chef de l’État aurait entretenu une certaine attente en évitant de révéler clairement son orientation politique.

« C’est à ce moment qu’ils ont décidé de le pousser à se dévoiler », explique-t-il.

Une semaine après l’adoption de cette réforme, le président Bassirou Diomaye Faye a déclaré avoir l’ambition de diriger un parti politique. Une annonce qui, selon l’analyste, permettrait de mieux comprendre le contexte du référendum annoncé.

Pour Pape Mahtar Diallo, certains considèrent cette consultation populaire comme une stratégie visant à gagner du temps. Selon lui, rien n’obligerait le président à organiser immédiatement ce référendum, ce qui lui laisserait la possibilité d’attendre jusqu’aux mois de novembre ou décembre avant une éventuelle dissolution de l’Assemblée nationale.

Entre-temps, estime-t-il, le chef de l’État pourrait mettre en place sa formation politique avant l’entrée en vigueur des nouvelles dispositions constitutionnelles. « La loi ne rétroagit pas », rappelle-t-il, ce qui signifie que les nouvelles règles ne pourraient pas s’appliquer aux situations antérieures à leur adoption.

C’est dans cette perspective que certains observateurs voient dans le référendum annoncé une manœuvre politique destinée à gagner du temps et à permettre la création rapide d’un parti avant que la réforme constitutionnelle ne produise pleinement ses effets.

Selon cette analyse, l’enjeu serait donc une course contre la montre : si le parti présidentiel n’est pas créé avant la promulgation de la réforme ou avant le référendum, les ambitions politiques de Bassirou Diomaye Faye pourraient être limitées par les nouvelles règles constitutionnelles.

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