Amadou Ba: « Si on veut vraiment lutter contre la corruption, le patrimoine de l’État doit être protégé, même après la mort du voleur »

Le vice-président de l’Assemblée nationale, Amadou Ba, membre du parti Pastef, s’insurge contre une disposition juridique qu’il juge inacceptable dans la lutte contre la corruption : l’extinction de l’action publique en cas de décès du présumé auteur d’un détournement de fonds publics.

Pour le député, cette règle crée une “impunité posthume” qui permet à des familles de conserver le produit de la corruption, au détriment de l’État et des citoyens.

« S’il vole des milliards et meurt, on ferme le dossier. L’État perd son argent. Et sa famille se partage tranquillement l’argent public », a-t-il dénoncé lors d’une intervention sur l’émission Banc public de Seneweb.

Amadou Ba juge cette situation comme une “exception dangereuse” qui mine les efforts de bonne gouvernance. Il propose une réforme audacieuse : permettre la poursuite des procédures de recouvrement même après la mort du fautif, notamment via la saisie des biens hérités par ses ayants droit.

Un appel au courage politique
Le parlementaire invite ses collègues et le gouvernement à supprimer toute zone d’impunité, y compris après le décès des auteurs de malversations. Pour lui, la crédibilité de la lutte contre la corruption dépend de la capacité à protéger le patrimoine public en toutes circonstances.

« Si on veut vraiment lutter contre la corruption, cette disposition doit disparaître. Le patrimoine de l’État doit être protégé, même après la mort du voleur », insiste-t-il.

Alors que le projet de loi sur la déclaration de patrimoine, adopté en Conseil des ministres le 30 juillet 2025, arrive à l’Assemblée nationale, Amadou Ba avertit : sans cette correction majeure, la réforme restera incomplète.

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15 commentaires

    • Khana voleurs yi akh nafekh yi laye tympaniser??
      Nous honnêtes citoyens qui avons voté pour la rupture trouvons ses interventions pertinentes!!

  1. Ceux qui s’opposent à l’honorable député Amadou Bâ admettent que quelqu’un puisse se sacrifier et enrichir illicitement sa famille.

  2. Amadou Ba doit arrêter de s’exprimer ainsi. Cette fois-ci il a pète les plombs. En vouloir à quelqu’un même décédé en privant ses enfants des ressources laissées par leur défunt père, ces très grave. Il est partout consacré la fin des poursuites une fous un accusé ou un condamné meurt.
    Attention, cher compatriote à de telles déclarations qui finiront par te perdre. Consacré ton énergie à vulgariser la vision Sénégal 2050 et plus concrètement le Pres. A trop vouloir parler,tu commets beaucoup d’erreurs de communication préjudiciables à la bonne marche de la JUSTICE.

  3. Ma question porte sur la nouvelle loi sur la déclaration de patrimoine : les assujettis limogés entre 2024 et maintenant, ou ceux qui sont partis à la retraite ou en départ volontaire ou en détachement, vont-ils échapper et se la couler douce, s’ils ont un patrimoine indu ? De plus, est-ce qu’ils seront concernés par les lanceurs d’alerte ? Voilà peut-être l’inconvénient des lenteurs dans les réformes!

  4. Oui,il a raison sur toute la ligne.Les dettes des défunts sont payées avant le partage aux héritiers du reste.Chez les musulmans.
    A plus forte raison l’argent volé ou escroqué…

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