Sur les 1 248 biens inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO, l’Afrique n’en compte qu’environ 112, soit moins de 9 %. Un chiffre qui illustre une sous-représentation persistante, au cœur de la neuvième réunion préparatoire des États africains tenue à Dakar.
Alpha Thiam, ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, a présidé cette rencontre, rapporte dakar92. Il a insisté sur la nécessité de renforcer les réseaux d’experts et de consolider les mécanismes de solidarité entre pays du continent. « Vous pouvez compter sur notre soutien pour que les ajustements nécessaires soient effectués », a-t-il déclaré.
Treize sites africains en péril
Le constat est encore plus alarmant concernant la liste du patrimoine mondial en péril. Pierre Faye, délégué permanent du Sénégal auprès de l’UNESCO, a révélé que sur les 53 biens menacés à l’échelle mondiale, 13 se trouvent en Afrique. « L’Afrique est sous-représentée sur la Liste du patrimoine mondial et surreprésentée sur celle du patrimoine mondial en péril », a-t-il souligné.
Cette situation ne s’explique pas par un manque de sites à valeur universelle exceptionnelle, mais par des obstacles techniques et financiers dans l’application de la Convention de 1972. Oumar Badiane, directeur général du Patrimoine culturel du Sénégal, avait déjà pointé, lors d’une intervention sur la radio Ifrikya Fm, les contraintes institutionnelles et budgétaires qui freinent l’élaboration des dossiers de candidature.
Alpha Thiam a plaidé pour une transmission fidèle de l’héritage aux générations futures. « Nous avons reçu cet héritage en dépôt. Nous devons le transmettre en préservant notre identité culturelle et en maîtrisant notre propre récit », a-t-il affirmé. La 48e session du Comité du patrimoine mondial se tiendra en juillet à Busan, en République de Corée.
