Alors que le Sénégal recense plus de 11 000 cas par an, la nouvelle grille tarifaire et l’investissement actés pour les cinq prochaines années

La Journée mondiale contre le cancer, célébrée sous l’égide de l’Union internationale contre le cancer (UICC), offre chaque année l’occasion de dresser un bilan sur la lutte contre cette pathologie à l’échelle globale. Au Sénégal, au-delà de la nécessaire sensibilisation aux facteurs de risques et au dépistage, les autorités ont saisi ce moment pour détailler la réponse logistique et financière qu’elles comptent opposer à une maladie dont l’impact démographique reste préoccupant.

Les données épidémiologiques actuelles, relayées par nos confrères d’IGFM, dessinent une réalité sanitaire lourde. Le Sénégal enregistre annuellement 11 841 nouveaux cas de cancer. Plus inquiétant encore, la mortalité associée demeure élevée avec 8 134 décès recensés chaque année. La typologie des affections les plus fréquentes reste dominée par les cancers du sein et du col de l’utérus chez les femmes, ainsi que par ceux de la prostate, du foie et de l’estomac dans la population générale.

Face à ces indicateurs, l’État a structuré sa riposte à travers le Plan stratégique national de lutte contre le cancer, qui couvre la période 2025-2029. Ce programme quinquennal bénéficie d’une dotation budgétaire de 80 milliards de FCFA. L’objectif affiché est de lever les barrières financières qui entravent l’accès aux soins pour une grande partie de la population.

Dans le détail, ce financement doit permettre l’application de mesures tarifaires immédiates. Le plan prévoit notamment la gratuité de la chimiothérapie pour certains types de cancers, ciblant en priorité le cancer du sein. Parallèlement, un effort substantiel est annoncé sur le coût de la radiothérapie, traitement souvent inaccessible aux ménages modestes. Grâce à un mécanisme de subvention, le gouvernement ambitionne de faire passer le coût de cet acte de 700 000 FCFA à 150 000 FCFA.

Le volet infrastructurel de cette stratégie repose sur la finalisation du Centre national d’Oncologie de Diamniadio. Cette structure doit permettre d’optimiser le parcours de soins et de désengorger les services existants. En complément de ces investissements matériels, le plan intègre le renforcement de la formation des professionnels de santé et l’intensification des campagnes pour le dépistage précoce, condition sine qua non pour réduire la létalité de la maladie.

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