La cérémonie de clôture de l’atelier régional du projet « Renforcement des réseaux et des capacités institutionnelles en amélioration des plantes pour le développement de cultures résilientes répondant aux besoins des paysans d’Afrique de l’Ouest (ABEE) » a débuté ce mercredi à Dakar et se poursuivra jusqu’à vendredi.
Mis en œuvre dans trois pays : Burkina Faso, Niger et Sénégal, ce projet vise à renforcer durablement les capacités des systèmes de sélection variétale afin de développer des cultures plus résilientes, adaptées aux besoins des producteurs et aux défis climatiques.
L’atelier réunit environ 80 participants issus des institutions de recherche, des organisations de producteurs, du secteur privé semencier, des partenaires techniques et financiers ainsi que des représentants gouvernementaux.
Selon les résultats présentés, 20 400 producteurs, dont 37 % de femmes, ont bénéficié indirectement des actions du projet à travers leur participation aux essais réalisés dans les parcelles de démonstration. Parmi eux, 10 310 producteurs ont été directement touchés grâce à l’introduction de semences de variétés améliorées et à la distribution de petits paquets de semences pour les cultures ciblées.
Le projet a également permis de produire plus de 57 tonnes de semences de pré-base, issues des variétés testées lors des démonstrations et de nouvelles variétés introduites.
Représentant le ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, le Directeur général de l’ISRA a souligné que la souveraineté alimentaire passe aussi par la souveraineté semencière. Il a rappelé que le projet a contribué à moderniser les programmes de sélection végétale grâce à l’introduction d’outils de génotypage, de phénotypage, de gestion des données et à la digitalisation des activités de recherche.
Les travaux ont notamment porté sur des cultures stratégiques telles que le mil, le sorgho, le fonio, l’arachide et le niébé, avec la mise en place d’essais multilocaux pour identifier des variétés performantes et adaptées aux différents environnements agroécologiques. Au Sénégal, le taux d’utilisation des semences certifiées reste encore limité, avec 6 % pour les céréales et 15 % pour l’arachide, tandis que les semences maraîchères sont majoritairement importées.
Financé par l’Union européenne dans le cadre de l’initiative DeSIRA à hauteur de 8 millions d’euros, le projet ABEE est coordonné par le CORAF et mis en œuvre par l’INERA au Burkina Faso, l’INRAN au Niger et l’ISRA au Sénégal, avec l’appui technique du CIRAD et de l’IBP.
Le Directeur exécutif du CORAF a pour sa part salué un modèle de collaboration scientifique et institutionnelle entre les instituts nationaux de recherche agricole et les partenaires régionaux. Il a indiqué que les acquis du projet, notamment en équipements, infrastructures, digitalisation et formation, devraient permettre de renforcer durablement les programmes de sélection variétale et de soutenir des systèmes alimentaires plus résilients en Afrique de l’Ouest.