Les agriculteurs français font face à une flambée des coûts de production, directement liée aux tensions géopolitiques actuelles. Pour éviter une asphyxie financière dans les exploitations, les autorités françaises ont décidé d’intervenir en déployant un nouveau dispositif d’accompagnement.
La ministre française de l’Agriculture, Annie Genevard, a détaillé cette feuille de route lors d’une intervention sur la chaîne BFMTV. L’axe principal de ce plan repose sur le déblocage de prêts structurels s’élevant à 500 millions d’euros. Cette enveloppe vise spécifiquement à soutenir et restructurer les trésoreries des filières les plus durement touchées par la crise énergétique en cours.
En complément de cette ligne de crédit, le gouvernement a acté un aménagement de son calendrier de prélèvements. Plusieurs obligations fiscales ainsi que les cotisations dues à la Mutualité sociale agricole (MSA) font l’objet d’un report. Un prêt carburant à court terme est également mis en place pour soulager les exploitants confrontés à l’augmentation brutale du gazole non-routier (GNR).
Cette urgence s’explique par les répercussions directes de la guerre au Moyen-Orient. Depuis le début du conflit, le prix du GNR a connu une hausse importante, passant de 700 à 900 euros pour 1 000 litres, selon les données de la Coordination rurale. Les inquiétudes de la filière s’étendent également au marché des engrais, dont un tiers du flux mondial transite par le détroit d’Ormuz, un point de passage stratégique actuellement bloqué par l’Iran.
Face à cette vulnérabilité, Annie Genevard a annoncé la préparation d’un « grand plan engrais » destiné à réduire la dépendance du pays face aux importations de ces intrants essentiels à la production. Par ailleurs, comme le rapporte l’agence Anadolu, l’exécutif maintient la pression sur les fournisseurs : lors d’une rencontre le 12 mars avec les représentants des secteurs des hydrocarbures et des engrais, la ministre déléguée à l’Énergie, Maud Bregeon, a fermement prévenu qu’aucun abus sur les tarifs du GNR ne serait toléré.