L’Assemblée nationale devait se pencher cette semaine sur la stratégie gouvernementale de non-restructuration de la dette publique. Cependant, un changement de dernière minute dans l’agenda parlementaire vient de mettre un coup d’arrêt à ces travaux, dans un contexte marqué par la publication de nouvelles données financières.
Selon les éléments rapportés par Le Quotidien, l’examen du projet de résolution visant à soutenir la position de l’Exécutif a été suspendu sine die. La réunion de la Commission des finances a d’abord été reportée in extremis, une information également relayée par le journal Les Echos. Dans la foulée, la séance plénière initialement programmée pour ce jeudi a été retirée du calendrier de la Place Soweto. Officiellement, aucune explication n’a été fournie par l’institution pour justifier cette modification de l’ordre du jour.
Ce gel de l’agenda institutionnel intervient au moment où le Financial Times a rendu publiques des informations spécifiques sur la gestion des finances de l’État. Le quotidien économique britannique a révélé l’existence d’un nouvel emprunt s’élevant à 426 milliards de francs CFA, qui aurait été levé sur les marchés de manière discrète. Cette donnée vient percuter la ligne de défense du gouvernement, qui maintient officiellement son refus de procéder à une restructuration de la dette.
Du côté de l’opposition, cette suspension des travaux est interprétée comme une manœuvre visant à éviter une confrontation directe sur le sujet. Le député Thierno Alassane Sall, leader de la République des valeurs (Rv), a publiquement réagi à ce changement de programme. Il souligne que le report de la Commission des finances est survenu juste après l’exposition de cette opération financière au grand jour. D’après le parlementaire, les autorités ont choisi d’esquiver le débat au sein de l’Hémicycle plutôt que de fournir les clarifications attendues concernant cet emprunt de 426 milliards.