Afrique du Sud : 550 soldats investissent les rues de Johannesburg pour traquer deux cibles prioritaires

Près d’un mois après les annonces du président Cyril Ramaphosa, les forces armées sud-africaines ont officiellement entamé leur patrouille dans les rues de la capitale économique du pays. Ce déploiement militaire vise à prêter main-forte aux forces de police locales, confrontées à une insécurité endémique.

Selon les informations rapportées par Al Jazeera, des véhicules blindés et des troupes ont fait leur apparition ce mercredi dans les banlieues populaires d’Eldorado Park et de Riverlea, à Johannesburg. Les militaires y ont été aperçus effectuant des fouilles de domiciles. L’objectif de cette mobilisation est précis : le gouvernement entend appuyer la police pour éradiquer la violence des gangs et l’exploitation minière illégale.

Dans une notification adressée au Parlement, le chef de l’État a indiqué que 550 soldats sont mobilisés pour cette phase initiale dans la province du Gauteng, qui englobe Johannesburg. Cette première opération doit s’étendre jusqu’à la fin du mois d’avril. Notre rédaction souligne que le plan gouvernemental prévoit un élargissement ultérieur de la mission à cinq des neuf provinces du pays. Les opérations cibleront spécifiquement l’exploitation minière illégale dans le Gauteng, le Nord-Ouest et l’État Libre, tandis que la lutte contre les gangs se concentrera dans le Cap-Occidental et le Cap-Oriental. Certaines de ces missions pourraient durer plus d’un an, selon les responsables de la police.

Ce recours à l’armée s’inscrit dans un contexte sécuritaire particulièrement lourd. Les statistiques officielles font état de 6 351 homicides recensés entre octobre et décembre 2025, soit une moyenne de près de 70 meurtres par jour pour une population d’environ 63 millions d’habitants. En février dernier, lors de son discours sur l’état de la nation, Cyril Ramaphosa qualifiait la criminalité organisée de menace la plus immédiate pour la démocratie et le développement économique du pays.

Malgré l’urgence de la situation, l’initiative suscite des réserves au sein des zones les plus touchées. Dans les Cape Flats, un secteur défavorisé du Cap-Occidental gangrené par la violence où l’armée devrait également intervenir, des habitants ont confié à Al Jazeera que la présence militaire ne résoudra pas les causes profondes de la criminalité, ni les problèmes sociaux facilitant le recrutement par les gangs.

Une analyse partagée par Irvin Kinnes, professeur associé au Centre de criminologie de l’Université du Cap. Interrogé par le média, le chercheur qualifie cette décision de politique. Il estime que l’envoi de l’armée vise avant tout à montrer que les dirigeants entendent le public, tout en précisant que cette requête d’intervention n’émane pas directement des communautés locales, mais des responsables politiques.

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